Initiatives locales – Calandreta Velava, l’école occitane du Puy-en-Velay (43)

Au Puy-en-Velay, il existe une école atypique qui a attiré notre attention : la Calandreta Velava. Les parents d’élèves et la direction nous ont offert la possibilité de présenter notre voyage à la quarantaine d’élèves de tous niveaux. Ce fut une belle expérience pour nous et Liam qui nous a permis de découvrir cette école associative dont nous souhaitons aujourd’hui vous parler.

Qu’est-ce que c’est ?

Une calandreta, c’est une école bilingue où l’enfant apprend à la fois en l’occitan (en première langue) et le français.

L’occitan est une langue romane encore utilisée dans les parties centrale et sud de la France. D’origine médiévale, et quelque peu tombée en désuétude, il s’agit d’une langue toujours bien vivante et riche d’une culture et d’une littérature florissante.

La calandreta, c’est l’alouette qui annonce le printemps en langue occitane. Elle désigne aussi le jeune élève ou l’apprenti. La première calandreta a ouvert à Pau en 1980. Il existe aujourd’hui 62 écoles et trois collèges de ce type, réparties sur dix-huit départements français.

Dans quel but ?

Les élèves suivent le programme de l’éducation nationale en immersion dans la langue occitane.

L’intérêt est d’éveiller l’enfant à :

  • l’utilisation d’autres langues et découvrir leurs racines communes écrites ou orales ;

  • la diversité culturelle ;

  • l’importance du patrimoine historique, culturel et humain de sa région ;

  • le respect de l’autre.

La pédagogie

Outre l’occitan et l’appartenance au monde associatif, la troisième force des calandretas est aussi l’utilisation de pédagogies alternatives, en particulier Freinet et institutionnelle. Ces pédagogies visent à rendre les enfants acteurs de la vie de classe (prises de décisions collectives) mais aussi par une ouverture sur le monde extérieur et une plus grande compréhension de ses institutions.

À la calandreta, les élèves ne sont pas noté.e.s mais reçoivent des ceintures de couleurs, comme au judo, rendues visuelles sous forme de punaises sur un tableau. En fonction de leur travail et de leur investissement dans les tâches qu’ils réalisent, ils reçoivent une rétribution en monnaie, en quelque sorte monnaie locale interne à l’école. Cette dernière peut être utilisée pour « acheter » des objets durant les « marchés », petites brocantes où chaque enfant amène des objets dont il veut se séparer. La monnaie sert également à payer les amendes.

Les règles de vie  sont fixées par un conseil dont les élèves sont parties prenantes au même titre que les autres membres de la communauté éducative (professeurs, parents d’élèves, membres de l’association). Et ce, dès le plus jeune âge puisque même les élèves de maternelle y sont représenté.e.s. Lorsque quelqu’un contrevient aux règles dictées ensemble par consensus, ce dernier doit régler une amende. Quelques exemples de règles : on ne court pas, on range ce que l’on a pris, on évite de faire du bruit quand les petits dorment, etc.

Les élèves ont aussi des métiers, c’est-à-dire une responsabilité. Tel enfant sera en charge du rangement des crayons, tel autre d’éteindre les lumières, tel autre encore de nettoyer le tableau. Ainsi chacun se sent impliqué.e dans le bon fonctionnement et la tenue de la classe.

On retrouve un peu cet esprit dans l’implication associative des parents. Outre tout ce qui touche à l’administratif (organisation, salaires des personnels différents des professeurs, événements, courriers, etc.), ils s’investissent aussi énormément dans la vie de l’école pour que celle-ci puisse rester pérenne. Chacun met à profit ses talents personnels, et certaines tâches sont effectuées de façon égalitaire : chaque parent doit par exemple donner quelques heures de son temps pour effectuer au moins deux fois dans l’année le ménage des classes.

Dans la classe de maternelle, règne une ambiance qui nous fait penser à la pédagogie Montessori. Plusieurs petites activités sont mises à disposition des élèves qui les choisissent de façon autonome et peuvent ainsi travailler individuellement. Il y a aussi des cours où l’on travaille tous ensemble. On a pu, lors de notre passage, participer à un cours en occitan sur la guerre de Troie. Sujet que les élèves de maternelle ont eux-même choisi !

L’intégration dans la culture locale

Afin de faire connaître et vivre l’établissement au-delà des portes de l’école, les calandretas organisent des événements festifs et culturels ou participent à ceux proposés par leur région. Au Puy-en-Velay, la calandreta propose annuellement un festival culturel appelé Lo Festenal. Nous avons pu participer à certaines animations.

Nous avons passeé un très bon moment en la compagnie des parents d’élèves, professeurs et des enfants qui nous ont si gentiment reçu et fait découvrir leur belle école.

Quelques liens pour aller plus loin

Voici ci-dessous quelques petits films qui vous permettront d’en savoir un peu plus sur cette belle école

  • Jean Louis Blenet, Président de la Confédération des Calandretas, retrace l’origine et le développement des Calandretas
  • Différentes expériences sur l’essor des Calandretas
  • Virgine, la directrice, nous parle de son expérience et des nouveaux locaux
  • Les élèves présentent leur école en occitan
  • Felipe Hammel, Président du centre de formation ARPENE, présente les spécificités pédagogiques des calandretas
  • Des parents racontent leur investissement au sein de l’association
  • Sylvie, enseignante, parle du parcours des enseignants Calandreta et des besoins
  • Paroles d’élèves et de parents de calendrons
  • Pour finir? quelques images du Festenal de cette année : animations, concert et dictée au P’tit Café et déambulations commentées dans les rues du Puy-en-Velay
  • La page Facebook et le site de l’école

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