Chapitre 777 : Rien ne sert de courir !

Bienvenue au festival Nus et Culottés 777 !

Grand petit voyageur,

Notre périple allait bientôt reprendre quand un heureux hasard comme on les aime tant aller quelque peu bouleverser notre programme.

Le retour de Haneke était annoncé pour le 17 juillet, et nous nous sommes attachés ces derniers jours à rendre la maison que nous gardons accueillante et chaleureuse pour le retour de sa vraie propriétaire.

Que de souvenirs et d’éclats de rire resonneront en ces lieux grâce à toi. Nous n’oublierons jamais Pina et sa sacrée maman !

Une annonce providentielle

Une semaine avant notre départ, un message sur Facebook retient toute notre attention. Nans et Mouts, nos voyageurs déculottés et heureux préférés, ont dans l’idée d’organiser un festival inattendu. Le 17 Juillet 2018, à 17h07, seront conviées gratuitement 777 personnes pour assister à la projection du dernier épisode de la saison ! Et ça se passera dans la Drôme, soit aux portes de l’endroit où nous nous trouvions alors ? Hasard ou destin, nous avions l’espoir fou de pouvoir peut-être rencontrer un jour ces deux amoureux de la vie et de la rencontre sans jamais pourtant trop y croire. Et là, ce petit message qui aurait pu passer inaperçu dans le flot de notifications dont nous noie Facebook et qui aurait pu ne jamais nous parvenir, atterrit à nos pieds comme une bouteille à la mer !

L’appel était trop tentant, nous avons donc tenté notre chance comme beaucoup d’autres, pas forcément convaincu que nous ferions partie des chanceux participants. Une telle invitation, ça ne se refuse pas, et nous étions convaincu.e.s que les réponses seraient donc nombreuses.

De la sérendipité à profusion

Nous avions du mal à y croire quand une réponse positive nous est parvenue une semaine plus tard, avec les consignes pour le bon déroulement du festival et l’adresse du lieu secret où il se tiendrait !

Encore une belle surprise, c’est aux Amanins que nous fûmes conviés, et ce fut l’occasion pour nous de passer deux bons moments en un seul. La visite de cet éco-lieu était inscrite de longue date dans nos programmes, encore un clin d’oeuil du destin !

Encore quelques heures de nettoyage et un repas convivial avec Pina pour s’embrasser (en espérant que nos routes se croisent de nouveaux un de ces jolis jours), et dire aussi au revoir à notre petit château temporaire. Les séparations, quelles qu’elles soient, sont toujours durs, et nous espérons que le hasard, qui fait si bien les choses, saura encore une fois nous surprendre positivement.

En route donc pour la Drôme et au revoir notre belle Ardèche et ses montagnes bleues ! Cap sur l’aventure !

Festival 777

Nous avons le plaisir d’arriver parmi les tous premiers festivaliers, et bien que ne faisant pas partie de l’équipe officielle des bénévoles, nous apporterons comme chacun notre petite contribution au déroulement du festival. Là une motte de paille à déplacer, ici des choses à ranger, renseigner des personnes égarées… Nous plantons notre tente dans les prémices de ce qui allait bientôt devenir un véritable village de tentes à la nuit tombée. En attendant la projection, nous déambulons dans la ferme des Amanins et en profitons pour interroger les salariés sur ce lieu. Nous allons aussi rendre une petite visite aux animaux que tu as tant plaisir à observer.

Nans est juste devant nous… Nous n’imaginions même pas l’approcher de près dans la masse de personnes qui devaient participer à cet évenement. Et voilà qu’il nous dit bonjour, nous parle tout simplement, nous fait la bise…

Il est comme on se l’imagine, bien plus encore au fond… Quelqu’un de très humain, chaleureux, ouvert et profondément simple dans ces rapports avec les autres. Même si quelque part on ne peut s’empecher d’avoir ce coté « J’admire votre travail ! C’est vraiment chouette ce que vous faites ! », très vite on se retrouve plongé dans le bain commun… À savoir que nous sommes tous acteurs de ce festival et de son animation, de la joie de vivre et de la bonne humeur sur le camp.

Dans cet esprit, on a eu le plaisir d’assister à la création de groupes éphémères sur scène et d’improvisations improbables et phénoménales. Quelques heures avant, ces festivaliers ne se connaissaient pas et ont chacun apporté leurs instruments, et c’est dans une chouette énergie et harmonie qu’ils nous ont égayé les oreilles.

Dans la simplicité qui est propre aux enfants et qui devrait tous nous inspirer, tu t’es fait des tas d’ami.e.s sur le camp du festival. Entre jeux de cailloux, de balles, petites danses et autres moments de joie, tu as trouvé à t’occuper et à te rejouir de cette belle rencontre.

Sur les tables, chaque convive dépose un plat qu’il a apporté et ce n’est pas un pique-nique mais un véritable banquet partagé ! Nous nous régalerons tous des différentes spécialités de chacun, il restera même du rab’ pour le lendemain !

Afin de te préparer au festival, nous avons regardé tous ensemble la veille l’épisode précédent celui qui serait diffusé sur le camp. Première expérience télévisuelle pour toi et joli moment en famille autour de ces deux doux dingues qui projettent de construire une cabane au Canada, font de belles rencontres improbables dans une multinationale, finissent par se faire héberger pour Jean Beliveau, grand voyageur à pied autour du monde… L’esprit du voyage nous inspire et nous donne des envies pour la suite de nos pérégrinations. Et depuis, tu n’as de cesse de chantoner « Et Nans ! Et Mouts! Et Nans ! Et Mouts! », ce qui nous fait bien sourire.

Et Mouts alors ? Tu seras bien content d’aller lui toucher deux mots de notre aventure lors d’une séance de dédicace avec Papa !

Vite, vite, c’est bientôt l’heure de la conférence avant l’épisode ! Parmi cette foule de gens heureux, nous nous asseyons dans cet immense théâtre de verdure, face à la scène où trône fièrement l’écran géant créé à partir de draps et de bottes de pailles en quelques heures par une équipe de bénévoles dévoué.es !

Une drôle d’énergie se dégage de ce moment ! Ce n’est pas tant écouter Nans et Mouts se prêtait au jeu des questions et réponses, mais ce moment de partage collectif… Se dire que tant de monde à répondu à cet appel collectif, que sans chacun d’entre nous, ce festival serait tout autre, l’impression de participer à quelque chose de grand, pas forcément important du point de vue de l’Histoire, mais qui compte vraiment dans ce monde qui manque désespérement de lien et de chaleur humaine au quotidien.

Chut ! La musique et les discussions cessent. Tu arrêtes de danser et tu te blottis dans les bras de Maman pour assister à la projection… Des plans sur la comète autour du lac Saint Jean, de la rencontre de descendants d’amérindiens, du pansage de coeur et du réconfort des âmes tourmentées par un acte gratuit et créateur de lien, tu ne verras presque rien… car tu t’es endormie comme une souche en quelques minutes… L’étoile filante qui nous scotche tous en zébrant le ciel au dessus de nos têtes à un moment clé de l’épisode, tu ne la vois pas de tes propres yeux mais peut-être l’imagine tu en rêve. Moment magique et collectif. Comme une impression d’être dans une bulle suspendue hors du temps, en pleine Drôme, avec en toile de fond les chaines de montagnes du Vercors pour parachever ce tableau.

L’épisode s’achève et Nans est sans voix. Ce hasard cosmique est-il un signe de plus qu’il faut savoir croire en ces rêves pour leur permettre de prendre forme ? Un moment de silence.

Tout en douceur, nous remonterons la colline où nous étions en direction du campement, tout en écoutant Mouts, Nans et Hélène sa compagne entonner la jolie balade de « Spirit of the Fire », l’une de leur création que l’on entend souvent en bande sonore des épisodes de Nus et Culottés. Douce mélodie sous un ciel rempli d’étoiles, presque autant dans nos yeux et dans nos cœurs.

(Merci à Le Caraque Voyage pour l’import de cette belle vidéo)

Cette incroyable soirée ne sera pas sans répercussion sur la suite de notre cheminement… Mais ceci, cher enfant, est une autre histoire.

Nous dormirons peu, sauf toi. Les moments festifs musicaux ayant duré jusqu’aux aurores, nous avons eu la possibilité d’entendre un peu de tout depuis nos tentes à l’écart, même du didgeridoo et les impros de Nans en slam… Et tant d’autres créations improbables des festivaliers.

Comment 777 personnes forment une immense fresque !

Le lendemain, après le petit déjeuner et ayant rangé nos paquetages, nous allons saluer Nans et participé de façon symbolique à l’organisation de cet événement. Les deux garçons ayant dépensé mille euros de leur poches pour mettre en place cet événement un peu fou en une semaine (ce qui reste peu néanmoins par rapport à l’envergure qu’il a pris), propose à chacun de donner en conscience, sachant que tout surplus sera utilisé pour permettre de nouvelles rencontres de cet ordre.

Et voilà, c’est déjà fini ! Enfin pas tout à fait ! Tout le monde se réunit pour une photo souvenir vue du ciel ! Tu es émerveillé par ce petit drone qui voltige au-dessus de nos têtes ! Après quelques mouvements, voilà que notre joyeux groupe réussi à former un cœur géant ! On se tient tous par la main avant de courir en son centre pour un câlin géant avant de laisser exploser sa joie et sa bonne humeur !

Sur ces derniers moments de joyeuse folie douce se termine notre festival 777, nous reprenons la route chargé.e.s à bloc et pleins d’idées en tête… Il y a du changement dans l’air, peut-être un retour aux sources de ce détour… peut-être quelques déviations aussi dans notre parcours…

En tout cas, une chose est sûre si vous connaissez Nus et Culottés comme nous : rien ne sert de courir…

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