Chapitre 8 : De la Dordogne à la Haute Vienne

Liam dans l'eau
Liam patauge dans l'eau à la recherche d'un trésor

Hey wonder boy !

Si tu ne marches pas encore, nous apprécions chaque jour l’étendue de tes évolutions. Depuis que nous sommes allés chez Kirstie, tu réponds parfois « Oh Dear ! », de façon inattendue. Tu exprimes clairement ton refus par tes mouvements de tête, en même temps tu savais déjà nous faire savoir quand quelque chose ne te convenait pas.

Tu signes pour dire encore, au revoir et j’ai mal, alors que finalement nous n’avons pas pris le temps de t’apprendre la Langue des Signes Française pour les bébés. Certes, ces signes sont bien à toi, mais ils ne sont pas équivoques.

Si la marche ne t’intéresse toujours pas, c’est que l’exploration debout et à quatre pattes n’a pas de secret pour toi et que tu cavales sans arrêt. Tu sais monter les escaliers et descendre un peu quelques marches en arrière. A l’instar de tes parents, tu cultives le goût de l’aventure plutôt que celui de rentrer dans le moule. Tu cherches parfois à brûler les étapes et es même capable de grimper sur les tables basses.

Quelques dents pressées de paraître te donnent encore quelques soucis. Plus que 22 et tu seras tranquille… pour quelques années !

Dans les épisodes précédents…

Nous devions nous retrouver avec notre hôte Benjamin à l’étang des Nouailles. Pour t’éviter les fortes chaleurs, nous sommes partis après seize heures. Débarrassés de leurs bagages, nos vélos nous ont semblé s’envoler. Arrivés sur place, nous faisons plusieurs fois le tour sans le trouver lui et sa famille. Deux jeunes femmes et une maman et ses deux enfants profitent de la plage. Nous faisons quelques tours pour essayer de retrouver Benjamin, en vain… Et nous nous apercevons finalement que la mère et ses deux jeunes garçon était en fait Marika, Lou et Kaël, la petite famille qui tient le food-truck Ô les Papilles, que nous avions rencontré il y a quelques jours. Quel heureux hasard encore une fois ! Eux-même venaient là pour la première fois !

Delphine et Liam sont devant l’étang des Nouailles

Nous prenons le temps de discuter un peu plus, en attendant l’arrivée d’Olivier. Tu profites pleinement de la fraîcheur de l’eau et du cadre un peu sauvage pour faire une belle baignade avec Papa et Maman.

Benjamin était finalement déjà parti, et c’est chez lui pour un repas avec les voisins et copains que nous nous retrouverons. Nous resterons quelques jours chez lui et prendrons le temps de découvrir Nontron. Son voisin Thomas nous fera découvrir le studio qu’il a construit dans son jardin et où il se réunit avec ses groupes pour jouer du reggae. Pendant ces quelques jours, tu profiteras du plein air et goûtera les juteuses framboises jaunes et roses qui poussent dans le jardin.

Seize the day !

Un soir, en descendant de la maison vers la cabane, ta maman savoure un instant de grâce. Après une chaude journée, une brise vous rafraîchit. Tu te blottis dans ses bras, prêt à t’endormir et plein de tendresse. Les herbes hautes ploient doucement sous le vent, le chants des grillons emplit l’atmosphère. Ses yeux se portent sur la ligne d’horizon offrant le spectacle formidable d’un coucher de soleil sur les vallées boisées et embrumées de la Dordogne. Un instant parfait où ce voyage prend tout son sens. Rester ouvert à toutes ces émotions simples et savourer l’instant présent. Voilà l’un des moteurs de cette aventure, et ce petit moment de paix n’a pas de prix.

Avec la Poste, on a tout … à y perdre !

Notre courrier ne nous parviendra jamais, et nous continuons d’appeler régulièrement les postes de Chalus et Nontron mais aucune amélioration pour l’instant. Nous décidons donc de ne pas embêter trop longtemps Benjamin en écourtant notre séjour. Même s’il est très sympa, nous n’allons pas squatter sa jolie petite cabane indéfiniment. Les jours suivants nous donneront raison, notre courrier semble définitivement perdu. « Et que devient le courrier qui ne trouve pas son destinataire ? » ose demander ton Papa à la Poste de Nontron… Et bien, il part aux rebuts, autrement dit soit les oubliettes de la Poste à Libourne, soit le triangle des Bermudes ou les poches du facteur… Grrr !

Embarquement pour le vaisseau Terre

Au petit matin, nous prenons la route vers Champs Romain, où nous passerons une chaude journée en compagnie des adhérents de l’association Habite Ta Terre. Une jolie maison sert d’habitat communautaire aux adhérents et bénévoles qui viennent participer à la construction d’un Earth Ship, une maison construite de façon écologique à partir de matériaux tels que des pneus, des bouteilles de verre, des canettes… Inventé par Michael Reynolds, ce modèle de maison permet de réutiliser ces matériaux pour éviter qu’ils ne soient jetés.

Chantier inédit !
La devanture de l’Earthsip

Le temps d’une soirée, nous partageons la vie de cette petite communauté qui semble bien organisée. Dommage, faute de matériaux, le chantier est en ce moment à l’arrêt ! Nous aurions bien voulu mettre la main à la patte et aider tout ce petit monde à notre mesure.

Loi des sérendipités : de belles rencontres avec des voyageurs au long cours

De Champs Romain, nous nous rendrons le lendemain matin vers Saint Pardoux la Rivière. Nous regrettons de ne pas pouvoir voir le musée de la carte postale qui n’existe plus. Nous profitons de la matinée pour faire encore un peu de tri dans nos affaires et une petite lessive.

À midi, pause improvisée au bord de la rivière, près du lavoir. Tu iras patauger dans un petit filet d’eau de la rivière, dont le niveau est plutôt bas en ce moment. Avec Papa, tu joues au chercheur d’or et tu trouves de belles surprises. Quel plaisir de profiter de la fraîcheur de l’eau par cette canicule !

Liam dans l'eau
Liam patauge dans l’eau à la recherche d’un trésor
Pont de Saint Pardoux
Vue sous le pont de la rivière de Saint Pardoux

Sous le lavoir, nous rencontrons fortuitement Kenzo.

Ce jeune homme travaille en intérim à Saint Pardoux et est originaire de Sao Paolo. Dans sa jeunesse, il a fait plusieurs voyages à travers l’Amérique du Sud. Il nous raconte comment, grâce à ses compétences de coiffeur, il a pu souvent voyager pour rien. Quel hasard encore une fois aura guider nos pas vers cette jolie rencontre. Kenzo nous invite à venir chez lui à Angoulême. Dommage, nous y sommes passés le mois dernier. Nous prenons quand même son adresse. Peut-être irons-nous dormir chez lui un jour ?

Lavoir de Saint Pardoux la Rivière
Le lavoir où nous avons rencontré Kenzo
Poids public de Saint Pardoux la Rivière

Nous quittons Saint Pardoux la Rivière le ventre plein et ragaillardis par la fraîcheur de l’eau. Nos coups de pédales nous mènent à trois kilomètres de là, à Saint Front La Rivière. Nous dormirons chez Yvan, un ami de Benjamin. Aurélien profite de cette pause pour aller faire une exploration d’un château en ruines, le château de la Renaudie (la page Wikipedia est bien complète et riche de photographies).

Château en ruine de Saint Front La Rivière

Yvan étant bien occupé ce jour-là, nous ne le rencontrerons que brièvement au soir. Nous plantons notre tente sur le terrain attenant à sa maison, une ancienne carrière familiale dont il a hérité. Patiemment mais sûrement, Yvan retape tranquillement l’ancienne maison de famille grâce à du matériel de récupération et les réseaux alternatifs dont il fait partie dans le Périgord. L’entraide, le partage du temps et des compétences, la débrouillardise et le voyage…

Autant de petites choses qui font que l’on aurait aimé avoir plus de temps pour connaître mieux Yvan. Ce dernier a, de plus, fait un voyage de quinze années autour du monde. Malheureusement, nous pensions devoir retrouver tes grands-parents à Saint Yrieix la Perche ce week-end là et nous avions donc besoin de continuer à avancer pour être en temps voulu là-bas.

Finalement cette rencontre ne se fera pas, peut-être une prochaine fois ! Nous avions pris néanmoins les coordonnées d’Yvan pour prendre un peu plus le temps de communiquer avec lui par Internet à l’occasion.

Green way to Hell

Le lendemain nous empruntons la Voie Verte qui relie Saint Pardoux La Rivière à Thiviers sur dix-huit kilomètres. Mauvaise surprise, des travaux ont eu lieu récemment et le travail est assez bâclé, pour ne pas être plus négatif. Au lieu de laisser une voie propre et circulable facilement, ce sont des tas de pierrailles et de poussières qui ont été abandonnés à leur sort, rendant presque impossible l’avancée à vélo. C’est donc à pied, au moins jusqu’à Milhac de Nontron, que nous commencerons notre traversée de la voie verte. Nous repensons, émus, à celle d’Oradour-sur-Vayre à Châlus qui était un véritable régal pour les cyclistes.

Nous ne sommes pas au bout de notre peine car cette voie est peuplée d’êtres farouches, coriaces et affamés : des mouches mangeuses d’hommes ! Blanches et noires, ces petites bêtes ont mis à rude épreuves nos nerfs, tant par leur agressivité que par leur ténacité ! Il s’agirait de la mouche charbonneuse. Nous n’avons pas pris le temps de prendre une photo de ces petits vampires. Nous en avons vu de grandes quantités là où le soleil tapait fort et à proximité des champs d’élevage. Une tannée pour les cyclistes comme pour les piétons. Dans ta petite Chariotte, bien à l’abri, tu as su éviter leur piqûre douloureuse.

Durant un moment d’accalmie, nous profitons pour passer un appel à Papyguy et Mamounette.

Nous garderons aussi de beaux souvenirs de cette voie verte comme les paysages de patrimoine ferroviaire sur lesquels la nature a repris le dessus ou les immenses pans de forêts en hauteur. La voie verte étant construite sur une ancienne voie ferrée désaffectée, nous surplombions le reste du paysage, nous laissant ainsi parfois profiter de points de vue sublimes sur la campagne environnante. Nous avons aussi pris le temps de faire une pause à Saint Jean de Cole, petit village classé parmi les plus beaux de France.

Saint Jean de Cole
Château de Saint Jean de Cole
reliquaire
Dans l’Eglise

Thiviers, capitale du foie gras en Périgord vert

Un château à Thiviers
Un château à Thiviers
Eglise Thiviers
Eglise
Fontaine devant l'église de Thiviers
Fontaine de Pan devant l’église
Cette dame recueille de l’eau

En arrivant à Thiviers, nous sommes surpris par le ballet incessant de camions. Ils s’agit des travailleurs de la carrière, payés à la rotation. De ce fait, bien loin de respecter la vitesse réglementaire de cinquante kilomètres-heure, ils roulent comme des fous. C’est bien la première fois que nous trouvons les automobilistes totalement dénués de bon sens. L’argent semble donc avoir plus d’importance que le respect des autres usagers de la route et de leur vie.

Nous sommes finalement un peu déçus de Thiviers où il n’y a pas grand chose à voir ou à faire, la plupart des monuments étant privés ou inaccessibles (seule l’église l’était). Nous retiendrons cependant un petit magasin bio, Au Bois de Santal, qui a au moins le mérite d’offrir une alternative dans ce haut lieux de l’engraissement des oies et canards. Heureusement, seul l’office de tourisme maison du foie gras met en valeur ce dernier.

Promenons nous dans le Bost

C’est près de Jumilhac le Grand que nous passerons les derniers jours de la semaine, au Bost chez Issa et Maëva. Celles-ci sont très impliquées dans un collectif féministe (Les Ronces) dont elle nous parleront un peu et la bibliothèque de l’association qu’elles gardent est très fournie et on peut y trouver facilement son bonheur. Maëva se lance dans la création d’une micro-brasserie et nous fait découvrir tout son matériel. Au cours du week-end, elles nous feront découvrir les 100 jours de Ladignac le Long. Mon petit Liam, c’est là que se terminera notre passage en Dordogne et que nous rejoindrons à nouveau les terres de la Haute Vienne. Nous resterons dans un éco-hameau à Ladignac qui sera l’objet, entre autres, du prochain article !

Silence radio

Il n’y a pas eu d’émission de radio samedi 24 juin sur France Bleu La Rochelle pour des raisons qui leur sont propres. La prochaine émission du 01 juillet sera aussi la dernière de la saison avant les vacances d’été. Retour à la rentrée ? Surprise !

A bientôt !

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