Chapitre 7 : De la Haute Vienne à la Dordogne

Le temps de vivre
Devanture du Temps de Vivre

Cher enfant du soleil… Tu parcours la terre en selle. Cherche ton chemin, c’est ta vie, c’est notre destin.

Aixe-sur-Vienne, la suite

Cette semaine commença avec le retour de Marius et sa famille. Il nous indiqua des initiatives locales dignes d’intérêt qu’Aurélien ira rencontrer.

Tout d’abord, rendez-vous avec Pain pour l’emploi, un chantier d’insertion. Les salariés de cette association vont chaque semaine récupérer le pain et les viennoiseries invendus des grandes surfaces et boulangeries partenaires du grand Limoges. Ces aliments seront ensuite transformés en nourriture pour les poissons et animaux élevés en ferme. Rien que sur l’année 2016, ils ont récupéré 100 tonnes. On se rend compte de l’étendue du gâchis,  d’autant que toutes les boulangeries ne participent pas à cette collecte. Les chiffres représentent donc une donnée a minima. Si cette nourriture n’est pas totalement perdue,  on regrette toutefois qu’ elle ne soit pas en premier lieu à moindre coût au plus nécessiteux.  Logique économique insensée. Produire toujours plus pour faire croître le chiffre d’affaire.  Peu importent les dégâts collatéraux.

Du pain en stock
Voici une partie de la récolte d’une journée !

Ton papa rencontra un peu plus tard les membres de La ruche qui dit Oui, où il a pu s’entretenir avec Sabine qui connaît bien les acteurs des initiatives locales de la Haute Vienne.

Une distribution à vélo de paniers de courses ne se fera finalement pas. Nous avons raté les membres de la monnaie locale, le Lou Pelou (la bogue de châtaigne), qui n’étaient finalement pas présent sur le marché.  Dommage !

Nous prendrons un peu le temps de visiter la ville, notamment le sanctuaire Notre Dame d’Arliquet et changerons d’hôtes.  Pour cette dernière nuit,  ce seront Nicolas et Anne Charlotte qui nous accueilleront, au cœur de leur maison remplie de livres anciens. Nicolas travaille au café-librairie « Le temps de Vivre » mais était relieur. Sa collection de livres et ses outils donnent envie d’en apprendre plus sur ce beau métier qui tend à disparaître.

Fronton de l’église du sanctuaire
Quelques statues en extérieur
Vitraux

Notre dernière soirée se clôturera en beauté au Temps de Vivre où nous ferons la connaissance des membres du SEL de Limoges autour d’un repas partagé.  Drôle de hasard, Anne Marie, une adhérente, se rappelle à notre bon souvenir. Elle était présente lors de l’assemblée générale de la Clef de sel de Rochefort,  dans le cadre d’une délégation de la Route des SEL. Elle avait donc pu assister à la présentation de notre voyage à venir et s’est très bien souvenu de nous. Nous lui donnerons des nouvelles. Quelle belle surprise !

Le temps de vivre
Devanture du Temps de Vivre

Sur la route

Au matin, cap vers Saint-Laurent-sur-Gorre. Sur la route, un homme en voiture s’arrête à notre hauteur et sort quelque chose de son coffre. Il nous offre deux fromages de chèvre frais de son exploitation. Ils feront la joie d’autres que nous ce soir-là, mais nous apprécions ce geste de simplicité et de partage.

Pause à Séreilhac où la fontaine nous rafraîchira avec délectation et fous rires. Tu as adoré jouer dans l’eau. Nous attendons l’ouverture de la Recyclerie Poids Plume pour rencontrer ses salariés.  Pas de chance,  elle restera fermée ce jour-là.  La route jusqu’à St Laurent est vallonnée. Nous sommes heureux de rencontrer Liliane qui nous fera découvrir son magnifique jardin aux allures tropicales.

Château de Liliane
Le superbe jardin de Liliane et son château

Elle y travaille par passion depuis trois décennies. On y sent son amour pour les plantes, sa patience et sa spontanéité.

Châlus les copains !

Au tout petit matin, alors que notre Président se dirige vers un Oradour(-sur-Glane) pour la cérémonie de commémoration, nous allons en visiter un autre, Oradour-sur-Vayres.

Cette petite ville est la porte d’entrée d’une magnifique voie verte de treize kilomètres, presque toute plate. Au cœur d’un écrin de verdure, sur le tracé d’une ancienne voie ferrée,  c’est presque sans effort que nous irons jusqu’à Champagnac-la-Rivière où nous wooferons pour Ânes et Carottes.

Liam nourrit les ânes

Cette petite ferme, dirigée par Lucien et sa femme Pascale, fait du maraîchage biologique, de l’élevage de poules et d’ânes pour la promenade. Bien que nous ne soyons pas favorables à cet élevage, Aurélien se fera une joie de mettre la main à la pâte pour quelques activités aux champs. Ils auront rencontré également nos amis voyageurs qui accompagnaient Sureau l’âne.

Retour sur la piste cyclable avec grand bonheur pour aller à Châlus. Les deux châteaux ne sont pas ouverts aux visites en ce moment, ce qui désole ton Papa. Nous dormirons chez Lewis, un gallois qui a traversé la France à plusieurs reprises à vélo dans sa jeunesse avec son épouse. Il vit simplement mais avec ce qu’il faut pour le rendre heureux. Nous ferons avec grande joie la rencontre de son amie Martine, qui adore te voir aussi heureux et épanoui.

Une bogue de châtaigne devant l’écomusée de Châlus

Le château de mon père

Au petit matin,  nous partageons quelques mètres avec un cyclo-voyageur savoyard qui va dans l’autre direction.

À Montbrun, mauvaise surprise. Le château ne se visite que par groupe de quatre minimum. Nous croisons un groupe de randonneurs qui s’ y rendra… mais seulement au soir. Nous décidons donc de prolonger l’étape tant qu’il fait frais. C’est avec étonnement que nous réaliserons sans trop de fatigue une étape d’une trentaine de kilomètres et arrivons aux portes de la Dordogne. Pédaler sous la grisaille donne des ailes, tandis que la canicule nous coupait littéralement les jambes.

Château Montbrun
Le château écossais de Montbrun au petit matin

Le temps des cerises

Cette année, Maman se sera régalée comme jamais. Elle, qui adore les cerises, en aura allègrement cueilli sur les bords de notre route. Son butin écarlate représente probablement plusieurs kilos désormais sur l’ensemble du voyage. Jamais de mémoire des habitants du coin, les arbres n’auront tant donné. Tant mieux pour elle, elle satisfait sa gourmandise sans arrière pensée. Les cerises qui d’habitude valent de l’or sont aujourd’hui pour nous une source gratuite d’énergie et de vitamines délicieuses.

cueillette de cerises
Delphine cueille des cerises

Belles rencontres et découvertes

À Piégut-Pluviers nous rencontrons Kirstie, retraitée britannique et cycliste, devant la place de la Mairie. Elle nous propose spontanément un coin pour planter la tente demain.

Aurélien profite de la pause de midi pour monter à la tour de Piégut. Il s’agit des ruines d’un ancien château médiéval qu’il est possible de visiter gratuitement. Un très beau point de vue puisque le site domine la ville et les alentours.

Le donjon de Piégut-Pluviers
La tour de Piégut

Cette nuit-là, notre salut prendra la forme d’un local associatif, celui de La Scierie. Cette association socio-culturelle a acheté une scierie à l’abandon pour la transformer en lieu alternatif, de rencontre, de partages, de débats et d’échanges. Dans un petit bois, au calme, nous partageons l’endroit avec quelques écureuils malicieux qui nous tiendront compagnie durant la nuit.

La Scierie, association culturelle

So good !

Au cours de la matinée, nous découvrirons le marché de Piégut-Pluviers, plutôt grand et réputé. La ville, aux allures tranquille et de taille modeste, attire beaucoup de monde chaque mercredi. À écouter les habitués, ce marché est le rendez-vous hebdomadaire à ne pas manquer.

Nous y retrouverons Olivier et Marika qui y tiennent un food truck végétarien et vegan du doux nom d’Ô Les Papilles. Cette petite famille a elle-même pas mal bourlingué à travers le monde et la France avant d’atterrir en Dordogne, terre de tranquillité et d’alternatives.

Nous faisons quelques emplettes et nous régalerons lors d’un pique-nique de leurs savoureux rouleaux de printemps, d’une salade de riz au tofu brouillé et coriandre et de délicieuses crèmes au chocolat. Tu t’en barbouilleras le visage avec délectation. Nous nous promettons, si le temps nous le permet, de nous retrouver pour une soirée à Nontron, où nous irons prochainement.

Urbex ?

Aurélien profite à nouveau de la pause repas pour voir un patrimoine historique remarquable, et pourtant complètement délaissé et à l’abandon : le château de Puycharnaud. Étant une propriété privée, tu n’en verras pas ici les images. Cependant nous pouvons vous le décrire : une très grande bâtisse rose/rouge et blanc avec deux grandes tours crénelées à la toiture en ardoise; plusieurs très grandes dépendances (granges, garages, logements du personnel, remises) très en ruines dont certaines le toit s’est effondré; entouré d’une grande forêt, d’un lac immense et de quelques belles prairies. Il est à vendre si jamais vous êtes intéressé !

À l’heure anglaise

À la fin d’une journée bien remplie en pédalage et en bonnes côtes, nous arrivons chez Kirstie, qui nous avait invité la veille.

Craignant qu’un orage ne se déclare durant la soirée, c’est finalement une petite chambre douillette, aménagée dans son immense grange, qu’elle nous proposera. Nous profiterons du beau temps dans son jardin si tranquille et coloré. Il y fait bon vivre en douceur, lentement, avec vue sur les vallées de la Dordogne.

Comme chaque loyal sujet de sa Majesté que nous rencontrons, nous la questionnons sur sa venue ici. Tout comme ses compatriotes, c’est la douceur de vivre, le cadre tranquille, la simplicité et le coût peu cher de la vie qui l’ont attiré. Les britanniques semblent trouver leur belle île surpeuplée. Et dire que nous, Français, semblons être éternellement insatisfaits alors que nous habitons, selon eux, un petit paradis terrestre. Nous profitons de cette étape pour travailler notre pratique de la langue anglaise.

Une triste nouvelle nous met tous les quatre bien en peine. En arrivant chez Kirstie, elle nous apprend qu’un grave incendie s’est déclaré dans la nuit à Londres et que de nombreuses personnes ont péri dans la tour qu’il a ravagé.

Papa aidera Kirstie en informatique avant de rejoindre, lui-même, les bras de Morphée en notre compagnie.

Nous prenons congé de Kirstie, Etoile son chien de berger, et Billy the cat, tôt dans la matinée. Le mercure monte à nouveau et nous aimerions éviter les fortes chaleurs.

Nous passons par Saint Estèphe, où Papa et toi essayèrent de pousser le fameux roc branlant !

Liam et le roc
Aurélien et le roc

C’est ainsi que nous arrivons un peu tôt chez Benjamin, qui nous accueillera pour les prochains jours sur Nontron.

Nous profiterons de la jolie petite cabane au fond du jardin qui nous fait penser à nos amis Louis et Jeanine. L’odeur typique des maisons en bois, paille, terre et enduits naturels n’y est probablement pas pour rien.

Lost in Translation

Depuis notre départ, nous avons quelques problèmes de courrier. La Poste ayant tardé à prendre en compte le suivi de notre courrier, certains sont arrivés à notre ancienne adresse après notre départ.

Il ne fut pas chose aisée pour notre voisine de mettre la main sur nos propriétaires, dont la présence se fait de plus en plus rare. Une fois la clé de la boîte aux lettres obtenue, il ne restait plus qu’à nous faire suivre le courrier en poste restante vers un lieu où nous devrions être prochainement.

C’est ainsi que nous avions choisi Châlus, qui nous laissait largement le temps d’être arrivé sans être hors délais (une quinzaine de jours). Une fois à Châlus, surprise : pas de courrier ! Cela faisait pourtant plus d’une semaine que notre voisine avait posté la lettre

À ce jour, soit deux semaines après, elle n’est toujours pas parvenue en Poste Restante à Châlus. Et d’autres courriers semblent s’être également perdus en route…

Que penser de tout cela ? La Haute-Vienne et la Dordogne, nouveaux Triangle des Bermudes postaux ? Seule vraie galère depuis le début de cette aventure, cela nous énerve un peu. Mais relativisons, car tout se passe bien et nous profitons ensemble de ce magnifique voyage.

Chaque jour, nous sommes aux premières loges pour te voir grandir, évoluer apprendre, et t’émerveiller de tout. Ça vaut bien une petite contrariété de temps en temps de pouvoir connaître autant de bonheur.

Nous profiterons cet après-midi d’une belle baignade au lac de Nouailles avec Benjamin et sa famille. À bientôt, mon petit baigneur !

La Dordogne
Notre petit garçon !

2 Comments

  1. Splendide commentaire, vous décrivez bien tous les deux ce que vous voyez et on part en rêve avec vous trois, c’est comme si on était avec vous. Profitez à fond; on est de tout cœur avec vous. On vous fait d’énormes bisous à tous les trois ! C’est Maman qui écrit, mais Guy est dans mes pensées.

  2. Ce moment passé avec vous fait partie des souvenirs chaleureux qui m’accompagnent; je le prolonge en vous suivant grâce à vos commentaires sensibles et intelligents. Et je te le dis encore une fois petit Liam, quel bonheur de te savoir entouré de tant d’amour !

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