Chapitre 11 : Jours de fêtes à Uzerche

Un ancien moteur de la papeterie

Petit caillou, que de belles promenades à Uzerche !

Cette semaine Uzerchoise nous aura permis de profiter agréablement de cette belle ville. Remercions encore Anne-Sophie sans qui cela n’aurait pas pu être possible. Tous les jours, Papa et toi partiez arpenter la belle Uzerche dans ses moindres recoins. Ces moments n’appartiendront qu’à vous deux.

C’est la fête !

Les 13 et 14 juillet, la ville était en fête. Nous avons pu assister au feu d’artifice, qui nous aura bien fait penser avec nostalgie aux Violons sur le Sable de Royan. Des tableaux très colorés, un feu d’artifice sur des airs de musique classique. Ce fut un régal pour nous tous !

Le 14, la ville s’animait sur le thème des arts forains.

Grande roue à l''huile de genoux
Grande roue à l »huile de genoux
Manège à traction humaine
Manège à traction humaine

Mme Bulle déambula à travers les rues laissant dans son sillage des centaines de bulles et autant d’enfants, amusés par ce spectacle.

Uzerche sous une pluie de bulles
Uzerche sous une pluie de bulles

Les structures musicales étonnantes d’Etienne Favre ont rempli la rue où nous étions d’une douce mélopée caco-mélodique.

Machines musicales de M. FAVRE
Machines musicales
Flute à gants de M FAVRE
Flûtes à gants
Etrange harpe de M FAVRE
Étrange harpe

Sur la place de l’office de tourisme, on aura grand plaisir à voir en deux parties le spectacle de magie et jonglage de la compagnie Longshow.

Enfin, ce sont les marionnettes des Petites Fables qui t’auront fait rire aux éclats, en particulier le bébé dragon en bois qui a fait pipi sur le feu.

Te voir aussi heureux, saisi par chaque spectacle que tu voyais et curieux de voir ce qui allait se passer après nous a donné tant de joie. Te voir grandir heureux et t’épanouir chaque jour de ce voyage est un cadeau.

 

Rencontres et émotions

Les jours suivants, nous avons rencontré Hadjila, une dame très sympathique qui tient une épicerie en vrac dans le bas d’Uzerche. Nous avons eu beaucoup de plaisir de la rencontrer et de parler de son beau projet dont nous parlerons un peu plus une autre fois. Grâce à elle, nous avons aussi rencontré Cathy et son fils Mathieu, adhérents de la petite fabrique solidaire également, qui voulaient découvrir un peu plus notre projet.

Hadjila, tellement généreuse, a même prêté sa voiture à Papa pour aller récupérer le courrier en poste restante à Tulle, faire quelques courses et les déposer chez Béatrice chez qui nous resterons bientôt un mois. La générosité et l’ouverture d’esprit des personnes que nous rencontrons sont à nos cœurs de précieuses sources d’énergie et d’inspiration.

Nous profitons de la semaine pour découvrir Uzerche dans ses moindres recoins. Nous assistons à l’exposition « I am with them » d’Anne A-R , composée de portraits grandeur nature de migrants accompagnés de leurs parcours de vie. Comme un rappel à chacun que derrière ces chiffres anonymes du 20h, contre les commentaires tantôt détachés, tantôt racistes voire haineux entendus ça et là, il y a des êtres humains, des vies brisées, des enfants, une histoire abandonnée à tout jamais, juste dans l’espoir de survivre en Europe. Mais encore, dans quelles conditions et dignité ?

Errants volontaires, ces portraits nous ont profondément touchés. Si nous nous efforçons de voir la vie du bon côté, eux se battent simplement pour survivre chaque jour et recommencer le lendemain. Ce n’est pas le monde dont on veut pour toi, et dans la mesure de nos possibilités nous agirons pour le faire changer…même par de maigres moyens. Cela commence déjà par un simple regard bienveillant, une discussion, prendre le temps d’échanger avec ces hommes et ces femmes, ne pas fermer les yeux et leur rendre leur statut d’égalité. Ça ne changera pas radicalement la face du monde, ça n’empêchera pas les guerres, les massacres, les morts par centaines là-bas. Mais c’est toujours mieux que de ne rien faire et de se dire qu’il en est ainsi et que nous ne sommes pas concernés. Goutte par goutte, mon petit colibri. Goutte par goutte !

Encore un peu sonnés par l’expo, les larmes sur nos joues pas encore tout à fait sèches, nous sommes allés à la rencontre d’une web tv locale et associative dont les locaux étaient adjacents à l’exposition. Nous souhaitions découvrir ce qu’était une télévision associative et comment cela pouvait fonctionner concrètement. Ce sera donc par l’expérience que nous le découvrirons car Corrèze Télévision s’intéresse à notre cas et nous filmera au cours de notre dernière étape avant la pause estivale. L’association a pour objectif de servir de porte-paroles aux initiatives, associations et actions locales qui font vivre chaque jour la Corrèze !

 

Reprenons les routes de la Corrèze

Jeudi, le ciel d’Uzerche pleure notre départ. C’est sous la pluie que nous prenons la direction de Seilhac. La voie de randonnée « Sur les pas de Simone de Beauvoir » est clairsemée de travaux de maintenance des canalisations. Nous y passerons tout de même, en marchant. Cela nous évite le trafic et nous permet de longer une dernière fois la Vézère que nous avons eu tant plaisir à regarder couler au cours de la semaine écoulée.

Non loin de Saint Jalle, à côté des engins de chantier, nous faisons l’étonnante rencontre de deux jeunes garçons. Thomas, 11 ans, et son frère Mattéo, 12 ans, vaquent ça-et-là entre les pelleteuses, les rouleaux compresseurs et autres machines. Les ouvriers semblent bien connaitre nos deux gaillards et les acceptent avec bienveillance. Thomas nous interpelle et nous pose plein de questions sur notre voyage. Il nous raconte qu’il vient là tous les jours avec son frère pour voir le chantier. Cela semble le passionner. Les parents sont au courant et les laissent faire, mais semblent ne pas être là. Nous sommes un peu inquiets pour eux, mais ils semblent savoir ce qu’ils font et ils sont très complices avec les ouvriers, connaissant le petit nom de chacun d’entre eux. Pour franchir certains passages difficiles, l’aide qu’ils nous ont gentiment proposé fut bien utile. Merci encore les garçons !

A Seilhac,  la boulangère, surprise par notre aventure, nous offre une belle poche de viennoiseries. Elle nous donne aussi un guide qui répertorie de bonnes adresses d’artisans locaux qui devraient nous plaire. Pour l’hébergement, elle nous oriente vers la maison paroissiale, non loin de l’église.

Papa toque à la porte, A l’étage, nous entendons une chorale qui répète des cantiques. Une dame sort, nous lui expliquons notre aventure. Bien peinée, elle nous apprend que le responsable de la maison paroissiale n’est pas là et qu’elle ne peut en aucun cas prendre la décision de nous y accueillir. Tant pis, nous chercherons donc où camper !

Mais un peu plus tard, cette gentille dame revient vers nous et nous propose de nous accueillir dans son ancienne maison qu’elle n’occupe plus désormais mais qu’elle loue occasionnellement. C’est donc chez elle, mais seuls, que nous passerons la nuit. Juste avant qu’elle ne s’en aille après nous avoir installé, nous aurons le temps d’échanger brièvement. Monique nous apprend que son défunt mari a travaillé aux archives de l’Elysée, et aurait côtoyé chaque président de la république, du Général De Gaulle à François Mitterrand. Nous aurions aimé la connaitre un peu plus cette brave dame, elle aurait eu plein de choses à nous raconter. Mais prise par le temps, elle ne pouvait pas rester. Nous lui serons toujours reconnaissant de son accueil !

 

Dernière étape avant la pause

Au petit matin, comme convenu, l’équipe de Corrèze Télévision est bien présente ! Richard, Philippe et sa fille Laure réalisent un petit reportage sur Papa et lui posent plein de questions. Ils nous suivront sur une bonne partie du trajet, au départ de Seilhac et à l’arrivée sur Chanac-les-mines. Quelques bonnes pentes obligeront Maman a mettre pied à terre plus d’une fois pour ne pas trop solliciter ses muscles et réveiller la capricieuse cruralgie des deux dernières semaines.

L’important n’est pas la vitesse mais bel et bien le chemin parcouru et les rencontres faites en route ! Au cours de cette étape, nous croiserons d’ailleurs des pèlerins du chemin de Saint Jacques de Compostelle accompagnés d’un âne nommé Obélix. Nous étions alors arrêtés pour la pause méridienne sur l’aire de repos aménagée devant le panorama sur le viaduc de l’A89. Impressionnant ouvrage que cette route parallèle à la notre. Saurons-nous un jour reprendre les autoroutes sans nous dire que nous passons à côté de mille trésors qu’un peu plus de lenteur nous aurait permis de découvrir ?

Nous sommes bien fatigués en arrivant à Chanac. Béatrice nous accueille chaleureusement dans cette maison qui sera notre havre de paix pour le mois à venir. Grâce à la Route des Sels, un réseau d’hébergement entre adhérents des SEL, nous aller veiller sur la maison de nôtre hôte et sur sa jolie petite minette alors qu’elle prendra des vacances bien méritées. Cette pause sera aussi pour nous l’occasion de remplir à nouveau notre cagnotte voyage en travaillant. Nous nous délesterons aussi de quelques affaires, en remplaceront d’autres, pour pouvoir partir dans de meilleures conditions.

Pendant ce mois de pause, mon trésor, prend le temps de profiter de la vie, continue de rêver et de grandir à ton rythme, la marche viendra bien assez tôt ! Prend plaisir à t’épanouir, souris à la vie et apprécie chaque instant ! L’absence de Papa ne sera pas facile, mais il te prendra bien vite dans ses bras pour te réconforter à son retour ! Et alors, quelle joie ce sera !

Les articles sur ce blog seront moins réguliers mais nous tâcherons de rattraper le retard pris pour le montage et la mise en ligne des vidéos et articles sur les initiatives. Patience, petit scarabée !

Et oui, tu sais jouer de l’harmonica à 14 mois !

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