Chapitre 5 : Rupificaldiens d’un jour

Vue du pont menant au château de La Rochefoucauld
La Tardoire coule paisiblement au pied du château de la Rochefoucauld

Au revoir, Angoulême !

En quittant L’Isle-d’Espagnac, nous prenons la direction de La Rochefoucauld. Une étape se fera un peu plus tôt car il faisait fort chaud ce jour-là et nous ne voulions pas te rendre malade, ni nous épuiser au delà du raisonnable. De plus une petite crevaison de ta remorque nous aura retardé quelque peu à Magnac sur Touvre.

Magnac sur Touvre

Heureusement, la maison du seigneur était toute proche et nous avons pu nous y réfugier au frais le temps que Papa finisse les réparations. Nous y rencontrons une dame qui se lamente de la pénurie de prêtres et donc de la disparition de nombreuses messes et services religieux dans beaucoup de petites communes. Elle priera pour toi, espérant qu’un jour tu trouves ta vocation, si possible au service de Dieu… Peut-être un peu tôt, non ? Quoi que tu choisisse de faire de ta vie, j’espère que tu suivras le chemin qui t’inspire et qui te passionne.

Plus tard, alors que nous pensions nous être trompés de chemin à Pranzac, un couple de passants bienveillants nous indique que nous sommes sur la bonne direction et nous invite à poursuivre vers Chazelles, où nous trouverons à coup sûr refuge. Quel bonheur de pédaler sur la voie verte aménagée. Elle passe sur une ancienne voie ferrée, au cœur d’un petit bois ombragé. Nous verrons quelques vestiges de monuments ferroviaires, dont des ponts et un quai de déchargement.

Quai de déchargement à Chazelles

Nous passerons une nuit fort agréable et au frais chez Josiane. Tu es fou de joie de voir courir partout Balto, son basset géant (qui tient plus en fait du labrador). Ses deux chats aussi te feront les yeux doux. Josiane met les petits plats dans les grands et nous régalera d’un buffet de hors-d’oeuvre royal. Merci encore ! Nous nous délecterons des fraises et des fèves du jardin !

Le lendemain, elle nous apprend tristement qu’un attentat a eu lieu à Manchester. La folie des hommes continue de faire des ravages. Notre quête de paix et de rencontres humaines ne nous en paraît que plus importante en ces temps où certains événements nous poussent à craindre l’Autre.

Une nuit au pied du château

Nous mettons le cap sur La Rochefoucauld, où nous rencontrons Florian. Ce dernier tient une épicerie de ville tout public du nom d’Arthémiz. On y trouve un peu de tout en vrac et des produits uniquement d’origine végétale. Passionné par ses produits, il nous parle avec moult détails de ses épices et de ce qu’il vend. Implanté depuis le mois de février 2017, Arthémiz recherche encore sa clientèle. C’est bien dommage pourtant car les étals sont variés, Florian est riche de conseils et les produits de qualité sont à un prix tout à fait abordable et souvent même plus intéressants que dans les supermarchés ou magasins bio du coin. Nous espérons que ce n’est que le début et que bientôt sa petite échoppe sera un lieu de rencontres incontournable pour les rupificaldiens et habitants du Grand’Angoulême. Amis végés, vegans ou omni, il y a de quoi faire avec tout ce que vous pourrez trouver chez lui. Nous lui promettons de repasser le lendemain pour déguster le menu du jour, un burger végétal sauce mapuche ou viking et une glace à la fève tonka. Nous en salivons d’avance !

Rayons d'Arthemiz

Glace

En le quittant, nous allons passer quelques heures à la médiathèque, où tu auras plaisir à bouquiner, manger des livres et t’exercer à la station debout. Sur le chemin de celle-ci, nous découvrons Lili Bulle, qui tient un atelier d’artisanat et de création en carton. Elle nous parlera de la difficulté de faire ce métier, de la patience et passion que cela implique. Nous admirons son talent et la précision nécessaire pour réaliser de tels meubles. Ton papa, qui a créé quelques meubles à partir de cartons et de rouleau de papier toilette, l’interroge sur des points techniques. Nous apprenons que désormais, en tout cas sur Angoulême, la plupart des commerçants ne jettent plus les cartons ou ne les mettent plus à la benne lors des jours de ramassage prévus, mais les revendraient directement. On se demande si finalement c’est une bonne ou une mauvaise chose. Au moins, il n’y a plus tant de gaspillage et les cartons sont recyclés. Lili Bulle, de fait, utilise du carton qu’elle commande pour réaliser ses œuvres. On est donc plus dans une logique de création artistique que de recyclage, ce n’en est pas moins louable. Nous la remercions, ainsi que son ami Didier, pour le temps qu’ils nous auront accordé.

Nous dormirons au pied du château, le jardin donnant une magnifique contre-plongée sur le château. La nuit sera tranquille ! Lors de cette étape rupificaldienne, nous en profitons pour visiter le château et ses catacombes ainsi que le cloître. Le château est immense : plusieurs étages, des ruines, et la célèbre Roche à Foucault en fait une grosse pierre dans les sous sols d’une des tours. Tu auras mon petit garçon inquiété quelque peu ta maman en allant tout en bas de cette tour avec ton papa dans des escaliers bien sombres, humides et étroits. 

Nous nous régalerons comme prévu des bons burgers de Florian et de ses petits crumignons !

Nous y passerons des heures, car nous nous y sentons bien. Ton papa fut interrogé par une cliente sur notre voyage, notre mode de vie et d’éducation bienveillante et s’est prêté au jeu de questions et réponses. Une fois cette longue discussion terminée, il put faire le petit reportage dédié à Arthémiz que nous mettrons sur notre chaîne Youtube.

Le lendemain soir, des amis de Florian nous hébergerons pour une halte au cœur d’un hameau calme et reculé. Bien qu’arrivés tôt, la chaleur est déjà implacable. Nous décidons alors que nous partirons chaque jour de très bonne heure tant que durera la canicule.

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