Chapitre 6 : Serendipity

Quelques statues en extérieur

Petit Bonheur !

Nous nous étions arrêtés dans notre précédent article à notre séjour chez Audrey et Julien, deux sympathiques amis de Florian, qui nous avaient très gentiment reçus et parlé de leur passion pour les chevaux. Tu étais ravi de pouvoir les observer à loisir, ces beaux animaux !

Il a commencé à faire bien chaud au cours de cette période, nous prenons donc un peu plus de temps afin de rouler en sécurité pour tous les trois.

 

Le temps d’un bivouac

Nous avons quitté nos aimables hôtes en direction de chez Mourgou. Avant d’y parvenir, nous avons fait escale à Montemboeuf puis aux lacs de Haute-Charente. Ce sera d’ailleurs là ta toute première expérience de bivouac « sauvage ». Un cadre idyllique, quelques pêcheurs et animaux pour voisins, la nature pour maison et un lac quasi désert pour nous affranchir ! Que demander de plus ! Nous avons monté la tente, mis le matelas, les bâches, les sacs de couchage. La popote pour cuisiner, et nous pouvons nous coucher sereins au son des crapauds, grillons et oiseaux de nuit. Nous avons bien profité de ce petit coin de paradis, à Lésignac-Durand.

Un des lacs de Haute Charente
Notre campement

Parents et enfants

Le lendemain, nous faisions la connaissance, enfin, de Marie, Romain et de leurs adorables enfants, Abel et Liv. Dans cette maison pleine de bonheur, tu as pu t’amuser avec grand plaisir avec Liv. Mais gare aux gestes brusques avec les plus petits que toi. La fraîcheur du jardin, les poules et Bourbon le chien qui vaquaient à leurs occupations… Nous aurons passé de doux moments en leur compagnie. Tu fus bien heureux de pouvoir profiter aussi d’un lit de co-dodo king size ou tu as pu prendre une place de choix. Cette gentille famille nous proposa de rester une journée de plus car un orage était annoncé le lendemain. Ce qui nous a permis de prendre un peu plus le temps de faire connaissance, de parler du voyage, d’éducation, de naissance respectée, et de voir tout les travaux qu’ils ont entrepris dans la vieille maison qu’ils retapent comme des chefs, doucement mais sûrement. On leur souhaite beaucoup de patience pour y parvenir et de continuer d’être heureux, libres, joyeux et de s’aimer les uns et les autres. Nous aurions aimé pouvoir faire plus pour les remercier de nous avoir accueillis.

 

La ville au clocher tors

Ensuite, nous nous sommes rendus à Rochechouart, par une matinée où il a plu à petites gouttes. Ce rafraîchissement, au lieu de nous déplaire, nous a permis de rouler fraîchement mais sûrement et de faire la bonne vingtaine de kilomètres sur la matinée. À cette occasion, nous croisons le panneau qui signale la sortie de la Charente et l’entrée dans la Haute-Vienne. Adieu Poitou-Charentes bien aimé, nous voici dans le Limousin… Enfin, maintenant il n’y a plus qu’une seule grande région, la Nouvelle Aquitaine, qui englobe les deux anciennes régions. Nous préférons nous référer à l’ancien découpage administratif, pour plus d’exotisme et d’aventure !

Nous n’avons malheureusement pas trouvé beaucoup d’activités associatives à Rochechouart, alors nous y sommes allés en touristes. Tu as pu, avec nous, découvrir le Château en pleine rénovation, et qui abrite le musée d’art moderne. Ta petite maman ne semble pas très convaincue par l’exposition « Digérer le monde ». L’art contemporain, on adhère ou pas… Elle, elle se cherche encore. En tout cas, cette étape au musée nous aura permis d’éviter l’ondée. Au cours de notre pérégrination dans la ville, nous avons pu voir l’église, son clocher tors et les fresques impressionnantes et modernes qu’elle renferme.

Nos pas nous mèneront à l’espace de la météorite, où on en apprendra un peu plus sur l’événement cataclysmique qui aurait frappé la région il y a 200 millions d’années. Les yeux perdus vers l’horizon ou la forêt lors de notre promenade, nous imaginons où a pu se produire le fameux impact. Notre guide intéressera à l’une des photos prises après Montemboeuf car la forme des pierres et leur couleur n’est pas du tout caractéristique de ce lieu. Lorsque nous y étions, M. Cookie était tout à fait sur de lui d’être sur une traîné de la météorite. Peut être pas finalement, mais néanmoins nous avons levé quelque chose de non répertorié qui demandera plus d’investigations. Nous envoyons donc notre photo à notre guide.

Le château de Rochechouart
L’église de Rochechouart et son clocher tors

Nous prenons ensuite la route de Cognac-La-Forêt dont nous verrons le dolmen (qui est sur la commune de Saint Auvent en réalité). Un témoignage d’un passé très lointain, qui est trop peu mis en valeur. Nous n’avions alors pas connaissance de son musée du chanvre et de la ganterie. C’est bien dommage car nous nous y serions arrêtés.

Le Dolmen de Saint Auvent

 

Le vélo et la tortue

Rien ne sert de courir, il faut partir à point (ou à poil comme disent nos amis nus et culottés Nans et Mouts).

De temps à autre, Liam, nous faisons des rencontres surprenantes. Une des dernières en date eut lieu en pleine ascension d’une route, la départementale 10 entre Cognac la Forêt et Aixe sur Vienne.
Ton papa était en train de pousser sa lourde charge, lorsqu’il vit sur le bas-côté une tortue ! Tu étais en train de dormir, et nous n’avons pas souhaité te réveiller « juste » pour te montrer la tortue. Le bas-côté de la route était constitué d’un peu d’herbe qui surplombait un contrebas forestier incliné à 70 % environ, quatre ou cinq mètres en dessous de la route.

Nous ne savions pas ce que faisait la tortue à cet endroit précis, mais une chose était certaine, elle était en danger sur cette départementale dont le trafic est très important et la vitesse des voitures faiblement modérée. La tortue allait en direction du bas de la pente par laquelle nous venions. Nous ne souhaitions pas voir cet animal écrasé, aussi nous l’avons déplacé de l’autre côté de la route, dans un bois proche où elle a pu littéralement courir !

Voilà la tortue !

 

Heureux hasard

Nous arrivons à Aixe-sur-Vienne où nous attendent Marius, Claire, et leurs enfants Casimir et Félix. Mais avant d’arriver chez eux, nous passons par le café-librairie Le Temps de Vivre. Nicolas, salarié de la librairie, nous offrira bien gentiment de venir déjeuner chez lui ce midi. Nous y ferons la rencontre d’Anne-Charlotte, son épouse. Petit moment bien sympathique et inopiné ! C’est la première fois, ils nous semble, que nous sommes invités pour le déjeuner. Anne-Charlotte guidera nos vélos jusque chez Marius, où nous ferons la connaissance de la petite famille avant qu’elle ne prenne quelques jours de vacances pour une rencontre familiale. Ils nous laissent ainsi profiter du cadre reposant de leur foyer au bord de la Vienne, à quelques mètres !

C’est dans cette maison vide de ses habitants, mais dont les murs semblent imprégnés de vie, que nous devions passer le week-end de l’ascension seuls. Enfin… c’est ce qui était prévu.

En fin de journée, ton papa est sorti pour étendre le linge après être rentré de courses. Ne le voyant pas revenir, ta maman finit par s’inquiéter. Aurait-il tenter seul un plongeon dans la Vienne si envoûtante ? Elle te prend dans ses bras et part à la recherche de ton petit papa adoré. Et là, dans le parc à côté de la maison, surprise !

Un jeune couple de voyageurs, Aurélia et Thibaud, étaient en pleine discussion avec ton papa. Accompagnés de leur petite fille pleine de vie, l’adorable Ema, et de Sureau, leur âne. Un peu perdus, très fatigués et un orage menaçant bientôt au dessus de la tête, ils sont venus nous demander l’hospitalité ! Quel étrange concours de circonstances aura mené à cette rencontre extraordinaire !

Quelques minutes plus tôt, ils n’auraient rencontré personne. Et si nous nous en étions tenu à nos plans d’origine, nous ne devions arriver à Aixe-sur-Vienne que le lendemain. Et s’ils ne s’étaient pas perdus au départ, nos chemins se seraient-ils croisés ? Une bien belle suite de coïncidences aura menée à ce moment inattendu, cette belle rencontre.

C’est donc ainsi, de façon improbable, que nous avons passé notre week-end solo à six, un âne et un chat, et quatre poules ! Nous avons été ravis de pouvoir discuter avec eux car il nous semble que nous partageons beaucoup de points communs avec cette jolie petite famille. Le plus évident étant bien sûr l’envie d’aller à l’aventure à pas d’homme, à la rencontre des autres et du patrimoine… mais aussi et surtout de voyager avec notre source de bonheur (et parfois d’angoisse) perpétuelle, notre enfant !
Cette petite tribu se dirige en direction de l’Italie. Empruntant principalement les GR, nous allons croiser de nouveau les itinéraires qu’ils vont prendre. Espérons que le hasard fera encore bien les choses et que nous les retrouverons peut-être lors d’une nouvelle halte.

La nuit d’orage fut dure pour tous, et tes dents te rendirent un peu malade au cours de cette période. Néanmoins, la présence de la douce Ema semblait te remettre en joie et te donner l’énergie de cavaler partout dans le salon et de jouer avec elle.

Nous nous réjouissons de cette rencontre insolite, brève mais joyeuse, qui restera dans nos mémoires. Ce fut l’occasion pour chacun de parler des difficultés liées au voyage, d’accepter qu’elles font partie de l’aventure et que ce sont elles qui nous permettent de l’apprécier d’autant plus. Savoir écouter son corps et son cœur aussi est important, accepter que l’escale et le temps de pause sont parfois une nécessité plus qu’un luxe, surtout avec un enfant que l’on souhaite élever de façon bienveillante, pour pouvoir repartir du bon pied. Comme le dit un proverbe charentais, « Qui va châ p’tit va loin » (Qui va doucement va loin).

C’est émus que nous les verrons repartir, en leur souhaitant bonne route et encore plein de belles rencontres. Nous ne manquerons pas de suivre leur belle aventure.

Nos amis d’un soir

 

Nous resterons encore quelques jours à Aixe-sur-vienne, après ce week-end férié. Nous irons à la rencontre des initiatives locales dont nous a parlé Marius, mais ceci, mon garçon, est une autre histoire.

 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire