Chapitre 14 : Tome 2 ou Suite et fin du voyage en Terre du Milieu

La Terre du Milieu est bien vaste !

Petit Hobbit,

Nous avions quitté Saint Setiers dans notre dernier récit. Nous prenons ensuite la direction de Gentioux Pigerolles dans la Creuse.

Le route passe par un joli coin, un lieu dit de Peyrelevade nommé Le Rat (sans doute une déformation du mot roc ou de Saint Roch), qui est un chaos granitique où de nombreux rochers ont des formes étranges et une chapelle a été édifiée en des temps très anciens.

La Chapelle
La grenouille du Rat

Sur Gentioux donc, nous attendait une sympathique famille rencontrée à la Fête des P’tits Bouts. Isabelle et Nicolas et trois de leurs quatre roux (leurs enfants) nous ont accueillis chaleureusement dans leur yourte. Ce couple de boulanger nous a fait découvrir leur fournil et les différentes étapes de la préparation du pain. Grâce à eux, nous avons aussi découvert La Bascule. Cette association regroupe des commerçants, agriculteurs et producteurs locaux qui y vendent leurs produits (généralement frais), il y a même une petite épicerie de produits secs locaux. C’est un local qui héberge aussi des bureaux partagés (ou espace de co-working) permettant à des petits entrepreneurs d’avoir un endroit où se baser pour exercer leur activité.

Ce fut l’occasion une fois de plus de discuter autour de la scolarisation à la maison et de voir comment cela s’organise au quotidien. Fort occupé par leur travail au fournil et la distribution, nous les verrons peu mais avons fortement apprécié les instants que nous avons passés ensemble.

La ville de Gentioux-Pigerolles possède un beau patrimoine : elle a son église, son école ancienne, un vieux château, et des sculptures énigmatiques dont on peut voir un exemplaire ici. Autre bizarrerie : une inscription sur un monument aux morts qui a été sujette à caution (voir ici pour celles et ceux que ça intéresse).

Une sculpture étrange dans gentioux
Maudite soit la guerre !
Quelques chevreuils sur le chemin vers le bourg

Rendez-vous raté avec Faux la Montagne ?

Nous sommes ensuite partis pour un détour en Creuse vers Faux-la-Montagne, dont on nous avait beaucoup parlé. Entre le dynamisme associatif qui se dégagerait de ce lieu et l’implantation de l’entreprise Ambiance Bois, plutôt novatrice dans sa façon de fonctionner en SAPO, l’occasion de faire un détour de quinze kilomètres depuis Saint Setiers était évidente pour nous.

Un grand et magnifique lac marque notre arrivée dans le village.

Les Cookies sur le pont surplombant le lac

Arrivés un mardi, sous la pluie, nous ne rencontrons quasiment pas âme qui vive dans le village. Nous sommes un peu déçus. La plupart des lieux dont on nous avait parlé sont fermés pour une durée indéterminée ou exceptionnellement le mardi, jour de congés ici. Nous nous rendons à la mairie, qui est sensé être fermée mais où officie quand même la secrétaire. Elle nous apprendra qu’il n’existe aucun guide des associations locales, impossible donc pour nous de les contacter. Nous appelons Ambiance Bois, personne ne sera disponible pour nous rencontrer cette semaine là. Télémillevaches a été contactée mais n’a jamais répondu… Nous nous sentons un peu perdus…

Pierre-Jean, un employé de la ludothèque Cadet Roussel (fermée elle aussi…) que nous avions rencontré à la fête des P’tits Bouts, se propose de nous héberger dans la maison qu’il partage en coloc avec Agnès et David. Dans cette maison pleine de vie, une chambre est prévue pour recevoir la famille ou les amis de passage. Elle sera notre refuge pour la nuit. Agnès nous raconte que pour « vivre Faux-la-Montagne, il faut se la laisser conter par ses habitants, sinon on passe à côté de l’esprit de ce village ». Effectivement, nous aurions bien aimé pouvoir partager avec quelqu’un ce qui fait de Faux-la-Montagne un haut-lieu des initiatives locales.

Nous nous promenons un peu dans la ville, mais tout semble désespérément vide. Un centre socio-culturel alternatif est fermé pour cause de travaux ; nous croisons beaucoup de maisons à vendre ; un vieil hôtel à l’abandon nous salue tristement à l’entrée de la ville. Du coup, nous allons faire une promenade jusqu’au lac que nous avons croisé à l’aller. L’occasion de retrouver ce qui est un de nos plus grands plaisirs : le calme de la nature, les beaux paysages !

Une bien belle oeuvre
Le lac de Faux la Montagne
Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. (Saint Exupery)

Nous avons l’impression d’être un peu passé à côté de notre rencontre avec les habitants et ceux qui font vivre Faux-la-Montagne, comme nous l’espérions au départ. Question peut-être de calendrier, de saison, de rencontres manquées. Nous repartons le lendemain matin avec un peu de grisaille dans le cœur. Nous tenterons d’atteindre une grande ville pour le week-end afin d’y passer les journées du patrimoine.

Retour en Terre du Milieu

Notre étape nous ramène en Corrèze à nous arrêter à Tarnac et son fameux magasin général dont on avait aussi entendu parler comme de quelque chose d’exceptionnel. À la cantine (un bar-restaurant qui fait cantine pour les travailleurs du coin), les gens discutent ensemble dans un joyeux brouhaha. On nous ignore, jusqu’à la barmaid, à qui on aurait bien aimé poser quelques questions sur ce lieu et sur le fonctionnement de la « cantine ». Nous prenons notre repas (visiblement il y a un repas végétarien tous les jours) sans demander notre reste, chacun étant bien pris par les conversations entamées avant notre entrée ici. Nous ne voulons pas déranger. On fera un petit plein de courses au magasin général – qui est une épicerie associative – avant de repartir pour visiter l’église et passer la nuit sur place.

Le lendemain, après une matinée qui a commencé une nouvelle fois sous une très forte pluie, halte au café de Saint Merd les Oussines pour nous réchauffer autour d’un chocolat chaud. Dans cette petite échoppe, plusieurs personnes sont attablées ensemble pour partager un repas mais personne ne se parle ni ne se regarde. L’atmosphère est à couper au couteau. Seuls tes rires, mon enfant, égayent les lieux et résonnent à travers le café. Les toilettes de ce café sont vraiment très kitsch : des vaches partout, du sol au plafond et sur chaque accessoire !

Une dame de coeur

Comme un rayon de soleil qui viendrait réchauffer nos dernières journées un peu mornes et solitaires, Emmanuelle nous a fait le plaisir de nous accueillir dans son petit paradis. Son petit chalet canadien au bord d’un étang, son jardin en permaculture et sa joie de vivre communicative nous ont fait un immense bien. Sa maison est à son image, atypique et chaleureuse. Nous avons partagé le repas du soir avec son voisin Sabi, italien installé lui aussi dans ce paisible hameau. Grâce à elle, nous comprendrons un peu mieux l’histoire des habitants de la Corrèze et la froideur apparente des Hauts-Corréziens. Ce ne fut pas sans émotion que nous lui avons dit au revoir avant de nous mettre en route pour Ussel.

Détour par la Haute-Corrèze

Nous profiterons de deux journées sur place pour visiter les différents musées de la ville ainsi que l’arboretum. Pour celles et ceux qui l’ignorent, chaque année sont organisées les journées européennes du patrimoine un peu partout en France et en Europe, et à cette occasion, quelques villes et villages ouvrent certains de leurs monuments pour la seule fois de l’année aux visiteurs. C’est une occasion inespérée de découvrir un patrimoine remarquable et rare à observer.

Nous nous promenons donc durant ces deux journées pour visiter cette petite ville d’Ussel. Nous irons notamment dans son musée de l’histoire locale avec les anciens métiers d’autrefois qui y sont présentés dans le détail et découvrirons la technique de la lithographie, ou reproduction de papier grâce à la pierre.

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Nous avons également profité de cette petite pause à Ussel pour faire des cartes de visite pour laisser aux personnes intéressées et aussi une nouvelle affiche que l’on a placée à l’arrière de ta Chariotte. Vous pouvez voir les designs de ces présentations ci-dessous.

En route ensuite vers Veyrières, petit village à mi-chemin vers Bort-les-Orgues, où nous rencontrons Colette, assistante sociale à la retraite. A l’instar d’Emmanuelle, sa rencontre aura met un peu de baume à nos cœurs. Elle nous parlera de ses expériences de vie et professionnelle, notamment dans l’accompagnement de jeunes atteint du SIDA dans les années 80. Témoignage d’un métier dur mais qu’elle a pratiqué avec cœur pendant plusieurs années. Grâce à Colette, nous dégustons enfin nos premiers champignons corréziens. Depuis le temps qu’on en entendait parler, on ne pouvait pas refuser sa proposition !

Une croix blanche à Veyrières

Dernière étape en Corrèze

Bort-les-Orgues sera notre dernière étape en Corrèze, et c’est avec Manon et Julien que nous la passerons. Entre visite du barrage EDF monumental qui siège à l’entrée de la ville et randonnée jusqu’au sommet des Orgues, nous serons bien occupés.

Liam est heureux d’arriver à Bort

Le barrage a été construit en 1942, construction qui durera 10 ans et qui attirera une main d’œuvre de partout, y compris de l’étranger ; il retient plusieurs centaines de millions de mètres cubes d’eau afin d’alimenter plus de cent mille foyers. Une exposition à l’intérieur nous confronte à la dure réalité de certains barrages : d’anciennes vallées aujourd’hui inondées abritaient des villages et leurs habitants. Toute une vie qui a du s’exiler pour laisser place à ces constructions titanesques.

C’est par un sentier qui coupe dans la forêt que nous nous approcherons des Orgues des Bort. Ces concrétions de pierres portent ce nom parce que ce sont d’anciennes coulées volcaniques globalement cylindriques formant un ensemble ressemblant de loin aux tubes d’un orgue.

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En nous approchant du plateau, nous croiserons une dame âgée qui menait ses bœufs vers d’autres pâturages en leur criant dessus en patois. Tu n’as pas eu l’air impressionné par le passage de ces beaux animaux non loin de toi. Mais tu étais curieux, patient, peut-être même tenaillé par l’envie d’en caresser une avec son accord.

En haut du plateau, un bien-heureux commerçant tient une petite échoppe avec vue panoramique sur les volcans d’Auvergne. Un cadre de travail majestueux qu’on lui envierait bien. Nous passerons un appel vidéo par Internet à tes taties Marjolaine et Christelle pour leur faire profiter du spectacle magnifique qui s’offre à nos yeux. « Waouw ! » répétons-nous tous les trois en cœur ! Nous en prenons plein les yeux ! L’ascension fut un peu longue mais elle valait bien la peine ! Pour apercevoir un peu mieux les fameux orgues, le vendeur nous conseille de descendre en empruntant le chemin piétonnier normalement réservé aux riverains, pour cause d’échauffourées autour de la cueillette illégale de champignons sur terrain privé. Même si la vue est grisante, ne tardons pas trop ! Papa a promis de préparer le repas ce soir pour remercier nos hôtes de leur accueil. La veille, Manon et Julien, cantalou d’origine, nous ont fait découvrir une spécialité du Cantal : la truffade. Ce soir, Papa leur fera goûter sa recette fétiche : spaghettis bolognaise à la mode végé !

Zoom sur les monts d’Auvergne
Un beau panorama

Grâce à Manon qui travaille pour l’entreprise de maroquinerie locale, nous découvrons les dessous de grande maison de la haute-couture telles que Louis Vuitton et le quotidien de ces « petites-mains » dont le savoir-faire mériterait d’être mieux récompensé, au vu du prix où se vendent les articles fabriqués.

Lors de notre séjour à Bort, Papa fera la rencontre de l’association Coup de Pouce, un chantier d’insertion qui embauche plus de vingt-cinq personnes pour des tâches d’entretien d’espaces verts, de restauration, etc. Il rencontrera aussi une agricultrice bio sur les hauteurs de Bort. Si un jour nous arrivons à arriver le retard pris sur les articles et vidéos relatifs aux initiatives locales, tu en sauras plus sur ces jolies rencontres.

Le gérant du restaurant vietnamien, intrigué par notre aventure, nous offrira un repas ! Quelle gentillesse ! Nous nous sommes régalés ! La cuisinière est tombé sous ton charme.

Lors d’une promenade, vous avez aussi fait, par hasard, connaissance avec un correspondant local de La Montagne et du Réveil Cantalien, il a été surpris et intrigué par le panonceau sur ta remorque. Il vous a posé quelques questions en vue d’un article potentiel dans les deux journaux. A paraître un jour ?

Ils nous manqueront Manon et Julien, gentil couple attachant ! Nous leur souhaitons de vivre de bien belles aventures, eux qui aiment aussi voyager ou accueillir des gens de passage. Notre prochaine étape, Petit Hobbit, nous emmènera dans une nouvelle contrée !

Les monts du Cantal nous attendent

2 Comments

  1. Hello les Cookies ! Que de belles aventures et rencontres vous vivez. Je suis super contente que vous ayez été reçus par Emmanuelle et j’ai l’impression que vous aurez bien vadrouillé en Corrèze +++. Je souffle à l’ange qui vous précède de continuer à bien préparer votre chemin. Bonne route ! Béatrice de Chanac les Mines

  2. Toujours aussi intéressant, je me régale ! En Charente Maritime, on a un musée de l’imprimerie : quelle complication avant l’informatique !

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