Chapitre 13 : Voyage en Terre du Milieu – Tome 1.5

Sur les chemins de Corrèze

Mon précieux ,

(Cet article ne contiendra malheureusement pas toutes les photos que nous aurions voulu y mettre, à cause du problème évoqué plus bas)

Après une semaine chez Christine trop vite passée, nous réglons quelques formalités administratives avant de reprendre la route. Chez elle, nous ferons la connaissance de Laurence, elle aussi de passage, et d’Yvette, la pétillante voisine de Christine. C’est le cœur plein d’émotions que nous pédalons pour les quitter, sous leurs encouragements chaleureux ! Nous resterons en contact avec ces personnes qui égayent notre route par leur gentillesse. Même si les nouvelles que nous donnons ne sont pas aussi régulières que nous l’aimerions, il est important pour nous de ne pas perdre le fil de ces incroyables rencontres faites jusque là. Nous emportons avec nous un cadeau de Christine : un joli chapeau ! Une autre Corrèze, un peu plus sauvage et verdoyante, nous attend !

Bruyère corrèze
La Bruyère, qui recouvre le bord des fossés et colore les tourbières de mauve délicat
Rencontre avec un habitant du plateau de Millevaches

Nous quittons Tulle pour nous rendre à Orliac de Bar, où nous aiderons une sympathique tribu recomposée dans les petites tâches du quotidien et de leur beau jardin. Fred, Aurélie et leurs garçons, nous ferons découvrir un peu leur activité de safranière, de productions de légumes et d’aromates. Après leur retour du Népal, ils envisagent de construire une maison de Hobbit. Ce sera notre première expérience avec Workaway. Nous ferons chez eux la rencontre de Pat et de son fils. Cet homme, très gentil, était expatrié au Burkina Faso où il a vécu plusieurs années. Fred nous fera découvrir l’exploitation chevrière d’un de ces amis, Bertrand, nichée au cœur d’une petite vallée bien cachée. Pour à peine moins cher que ce que certains mettent comme prix pour l’achat d’un écran plat, il est propriétaire d’un véritable coin de paradis au cœur de la Corrèze.

Après quelques jours dans le camping-car qu’ils ont gentiment mis à disposition, nous quittons Aurélie, Fred et les enfants pour prendre la direction d’Egletons.

Sur la route, nous ferons la connaissance de Charlotte, une cyclo-randonneuse en vacances qui voyage très léger. Nous resterons à Egletons le temps d’une journée, pour visiter la ville.

Dans les épisodes précédents…

Nous n’avons malheureusement pas pu aller à la Mairie pour savoir ce qui était advenu des chats que nous leur avions confié il y a sept ans.

Petits chats trouvés à Egletons

En effet, lorsque ta maman, était venue passé un concours de la fonction publique en 2009, nous avions trouvé, au bord d’un fossé deux jeunes chatons que quelqu’un avait laissé pour morts. Tandis que ta maman passait son concours, Papa essaya de leur trouver un foyer. La SPA de Brive refusa de les prendre en charge, et, à cours de solutions, Papa alla demander conseil à la Mairie d’Egletons. Là-bas, une aimable dame du service technique décida de les adopter. Nos mails à la mairie d’Egletons sont restés sans réponses, et notre arrivée ayant eu lieu samedi après-midi, nous resterons donc sans nouvelles de nos petits matous corréziens. Dommage, c’est une histoire dont nous aurions bien aimé connaître la suite.

Pause Café

À Egletons, nous découvrirons un lieu convivial appelé Le Café des artistes. C’est une initiative dont nous reparlerons prochainement sur ce blog. Là-bas, nous ferons la rencontre de Kévin, Nicolas et d’autres bénévoles très sympathiques. Ce café associatif existe depuis moins d’un an et, comme ses homologues, cherche à recréer du lien social entre les habitants tout en proposant des animations socio-culturelles de qualité. Les lieux sont très calmes, dans une ambiance récup’ et palettes très confortables. Un petit coin pour les enfants est aménagé et tu as pris beaucoup de plaisir à y jouer alors que nous discutions avec les bénévoles. Nous aurons la surprise d’y retrouver une charentaise originaire du hameau de Pirelonge, toute étonnée que nous connaissions son fief de Saint Romain de Benet ! Le monde est petit.

La loi des heureux hasards continue de frapper !

Lorsque nous étions au café, nous avons vu par hasard une affiche annonçant un événement qui aurait lieu au cours du week-end prochain en Haute-Corrèze. L’association Les P’tits Bouts proposerait, à l’occasion de ses dix ans, une animation sur deux jours sur le thème du voyage en famille. C’était trop tentant ! Nous changeons nos plans et décidons donc de prendre la direction de Saint Setiers, où se déroulera la fête. À l’origine, nous devions plutôt partir vers Ussel ou Bort-les-Orgues.

Ce changement de cap nous permet de prendre la route de Moustier Ventadour, dont nous visiterons les ruines du château médiéval par une belle journée ensoleillée. Ce château était le fief de Bernard de Ventadour, un célèbre troubadour né vers 1125 (non, les troubadours ne sont pas forcément des bouffons ou des jongleurs mais plutôt des poètes ou des artistes créateurs) ; nous emprunterons donc la voie de randonnée appelée Chemin du Troubadour. Pour prendre la direction de Meymac, nous avons mal choisi notre itinéraire ! Nous sommes sur la bonne route, mais quelle route ! Les quelques pentes à dix pour cent rencontrées jusque là nous paraissent finalement bien faciles en comparaison.

Cabin in the woods

À mi-chemin vers Meymac, en début d’après-midi, nous commençons à interroger les personnes que nous croisons pour trouver un hébergement éventuel ou un coin ou planter la tente. Un homme très sympathique ne pourra pas nous accueillir mais nous conseille d’aller demander à sa voisine quelques centaines de mètres plus loin.

Chemin faisant, nous rencontrons Danielle et son chien Aura, qui se promenaient sur la route. Cette très gentille institutrice à la retraite nous demande d’où nous venons ainsi et si nous avions besoin de quelque chose. Aurélien tente tout de go de lui demander si nous pourrions dormir chez eux ce soir. Ce à quoi, à notre grand étonnement, elle répond sans réfléchir oui ! Elle nous indique qu’elle a une cabane dans la forêt où nous pourrions passer la nuit.

Nous la suivons quelques mètres plus loin. De cabane, nous n’en vîmes point ! Par contre, un magnifique chalet en bois sera notre refuge chaleureux pour la nuit. Danièle s’inquiète que nous ayons froid, mais la journée au dehors est bien chaude et réchauffera doucement l’intérieur de cette véritable maison du Père Noël, perchée sur les hauteurs de la Corrèze. Rêve d’enfant inespéré que de dormir ainsi dans cette maisonnette de bois pleine de charme au cœur de la forêt !

La cabane dans les bois de Moustier Ventadour

Danièle est une véritable maman pour nous ! Elle nous prépare un délicieux repas alors que nous ne lui en demandions pas tant. Nous aimerions tant faire plus pour la remercier de son immense gentillesse envers ce drôle de couple de voyageurs et leur bébé qu’elle ne connaît que depuis à peine quelques minutes !

Après un peu de repos, nous prendrons un peu plus le temps de discuter avec elle et son mari Daniel, lui aussi ancien instituteur. Ce couple est très impliqué dans la vie locale et la lutte pour la défense de l’environnement. Aurions-nous pu mieux tomber ? Parfois, nous pensons qu’un ange bienveillant veille sur nous et conduit notre route à croiser celle de ces gens formidables et pleins de bonne volonté.

Nous en apprendrons un peu plus grâce à eux sur les villages alentours, le patrimoine local et en particulier les croix de pierre que nous rencontrons si souvent sur les routes de Corrèze. Danièle est un véritable puits de savoir à ce sujet et nous nous régalons de ce partage. Ce fut un véritable plaisir de passer cette brève journée en leur compagnie, nous ne les oublierons pas ! Au coin de leur cantou, cheminée corrézienne, ils nous ont accueilli en toute simplicité, comme de vieilles connaissances, et avec beaucoup de chaleur humaine.

Le lendemain, nous passerons par Darnets, petit village où l’on retrouve l’une des plus vieilles croix de pierre du massif Central. La croix des Rameaux daterait en effet du onzième siècle.

En quittant Darnets, une personne nous apostrophe en voiture. Dominique, qui s’avère être une connaissance de Danielle, nous conseille sur la route à prendre pour nous rendre vers Meymac. Elle nous propose aussi de nous héberger, proposition que nous déclinerons, même si c’est bien dommage. Une étape de deux kilomètres n’aurait pas été très sérieuse, mais comme nous pensons repasser par la Corrèze l’an prochain, à la croisée de nos chemins, nous lui proposons de la retrouver à cette occasion. Nous discutons un peu voyage à vélo avec des enfants et nous apprenons qu’elle part souvent en Charente Maritime avec ses enfants. Après ces quelques échanges, sous un ciel un peu couvert, nous pédalons à nouveau ! Notre objectif est de nous rendre à Meymac, après tout, si Danielle ne nous avait pas accueilli si gentiment, nous souhaitions y parvenir la veille.

C’est la rentrée !

Décidément, cette étape s’allonge et nous bifurquons par Davignac où nous décidons finalement de passer la nuit. La mairie nous propose gentiment de nous héberger dans une des salles du bâtiment communal qui sert à la fois d’école primaire pour les cours moyens (une classe de huit élèves), de Mairie et de Poste. La secrétaire de mairie qui nous a proposé de séjourner là tient elle-même plusieurs rôles. Tour à tour secrétaire, postière, elle s’occupe également de l’accueil, de la sortie et de la surveillance des enfants de l’école. La spacieuse salle de danse dont nous avons pu profiter nous a permis de passer une très bonne nuit et de faire un peu de tri dans nos affaires.

Grande première le lendemain matin : nous présenterons notre voyage aux élèves ! Certains étaient bien surpris de nous voir là avec nos vélos bien chargés et surtout avec Liam. Après quelques échanges, il est tant pour eux de commencer la classe. Lorsque nous sommes arrivés la veille au soir, ils faisaient leur rentrée !

Rencontre fortuite

Petite pause à Ambrugeat, devant l’église pour préparer le déjeuner. Un autre cycliste aura eu la même idée ! Nous rencontrons ainsi Christian, qui voyage pour quelques jours à vélo et qui a quitté Clermont-Ferrand. Nous avions pris ensemble une photo et échanger nos adresses mail . Dong Dong ! Tu reconnais les cloches de l’église. Et quel panorama pour déjeuner ! Un grand lac ceint d’un écrin de conifères. Nous prenons le parcours qui longe le lac pour profiter de ce cadre agréable et tu iras tremper tes pieds quelques minutes dans l’eau pour t’amuser avec Papa.

Cette fois, ce sera la bonne : Meymac nous voilà ! Nous y parviendrons dès le début d’après-midi et nous poserons non loin de la Poste. Papa part à la recherche d’un office de tourisme afin de trouver un hébergement pour la nuit, faute d’avoir des contacts sur nos réseaux d’accueil.

Eglise de Meymac

Faute surtout d’Internet ces jours derniers car nous avons parfois bien du mal à nous connecter depuis que nous sommes dans cette partie plus sauvage mais plus jolie encore de la Corrèze.

En attendant l’ouverture des lieux d’hébergements possibles, c’est à la médiathèque que Papa et toi êtes partis passer quelques minutes. Pendant ce temps-là, Maman tentait vaille que vaille de se connecter via la 3G du portable. Se connecter au réseau 3G ou au wifi en général ici relève de la gageure !

D’heureux hasards en heureux hasards !

Alors que nous nous étions abrités sous les halles du village pour garer nos vélos, un homme au loin nous salua gentiment, le pouce levé en guise d’encouragement.

Lorsque Maman était seule sous les halles pour garder les vélos et aller sur internet, ce monsieur repassa. Cette fois, il était accompagné de ses trois garçons. Un peu curieux de notre petit convoi exceptionnel, les enfants se demandaient si un bébé était dans la carriole.

Maman leur raconta un peu notre projet et Pierre, le père des garçons, lui donna le prospectus de la Fête des dix ans des P’tits Bouts en lui disant que ce serait sympa qu’on puisse y aller. Maman lui appris alors que cela faisait quelques jours en fait que nous étions en contact par SMS avec la personne dont le numéro apparaissait sur le document.

Quelle belle coïncidence ! Pierre était en fait l’époux de Stéphanie, la coordonnatrice des P’tits Bouts avec qui nous échangions par SMS. Il nous invita alors à venir dormir chez eux car ils habitent à Meymac même ! Finalement, nous oublions donc nos plans de dormir en gîte ou à l’hôtel pour cette nuit. Nous y resterons deux agréables journées où nous prendrons le temps de faire plus ample connaissance avec eux et leur trois garçons qui sont vraiment très agréables, joyeux et éveillés.

Je jette, tu jettes, il récupère, on transforme …

Pierre travaille dans une ressourcerie et nous parle de son travail. Il nous confie que parfois ces structures ont de grandes difficultés à trouver des débouchés pour certains objets qui leurs sont donnés, en particulier les vêtements. A l’ère du « tout-jetable », on jette les habits comme de vulgaires chiffons au lieu d’en prendre soin et alors qu’ils sont encore en bon état. Les ressourceries en débordent et ne savent plus trop comment gérer cet afflux de dons.

Pendants ce temps-là, sur le plateau…

Nous parlons aussi de l’avenir des contrats aidés, auxquels beaucoup d’associations locales ont recours et qui vont se trouver bientôt très pénalisées par le gel de ce type de contrats prévu par le nouveau gouvernement.

Cette politique ne va pas tarder à causer un grand chamboulement dans le paysage associatif et culturel du Plateau de Millevaches (et sans doute dans le reste de la France), entre ceux qui verront leur contrat ne pas être reconduit et les associations, entreprises ou petites communes qui ne pourront plus se permettre d’embaucher des salariés pour effectuer des tâches pourtant essentielles à leur bon fonctionnement.

Il y aura toujours des bénévoles, certes ! Mais la lourdeur administrative, la spécialisation que demandent certaines démarches, le temps que cela représente… Cela va certainement en faire reculer plus d’un.

Le Plateau de Millevaches, c’est un peu comme un laboratoire de l’économie sociale et solidaire à l’échelle départementale. Le nombre d’habitants et de grands centres urbains y est très limité et beaucoup de gens vivent grâce au système D. Cette loi portera-t-elle un coup de grâce au dynamisme local ou au contraire l’obligera-t-il à évoluer au delà des espérances (mais probablement aussi hors du système) ?

Nous le verrons l’an prochain, lorsque notre route croisera à nouveau la Corrèze. Ces discussions de grandes personnes te laissent un peu perplexe, on le sait. Et nous serions bien en peine de savoir à quoi ressemblera le monde dans lequel tu évolueras dans quelques années.

Notre démarche

Nous-même, nous avons grandi dans un monde dit en crise depuis notre naissance et n’avons connu que cela. Les études faites sur le banc de l’école aujourd’hui ne prépareront pas les enfants à la réalité du monde professionnel qui les attendra puisque les métiers de demain sont encore à inventer.

Qui sait à quel défis environnementaux, sociaux et économiques vous serez confrontés, bien trop vite à notre goût ? Saurez-vous, vous les futurs adultes de demain, œuvrer ensemble, main dans la main, dans une attitude bienveillante et de coopération les uns envers les autres, pour faire face à tous ces changements ?

C’est pourquoi il nous importe tant de passer du temps avec toi, de t’apprendre à aimer les autres et à t’aimer toi et respecter toi-même, d’accepter tes émotions, de ne pas avoir peur de les exprimer et à être toi, d’être les témoins privilégiés et heureux de tes constants évolutions, de t’ouvrir au monde et aux autres, de te permettre de voir, entendre, sentir, goûter, comprendre, découvrir par toi même – sans prisme déformant, assombrissant ou édulcorant la réalité – tout en t’accompagnant sur cette route de la connaissance… à l’école de la vie, et quelle école ! Mais chaque chose en son temps, cher enfant ! Prends bien le temps de profiter de ton enfance, aussi hors du commun soit-elle, et des plaisirs simples mais si riches qu’elle t’apporte chaque jour.

Mémoire effacée

Nous aurons une mauvaise surprise lors de notre séjour à Meymac. En vue de préparer un diaporama pour participer à la rencontre des P’tits Bouts, Papa a fait tomber notre disque dur de photos.

Parties en fumée les photos de notre jeunesse, de notre enfance, de ta naissance, de ta première année et du début de l’aventure… Nous en étions très peinés ! Pour ta maman qui n’a que trop peu connue la sienne, décédée dans son enfance, perdre ces photos fut un véritable déchirement !

Un peu comme un bout de mémoire qui s’envole, une partie de soi que l’on aurait tant voulu transmettre mais qui nous échappe par mégarde… Tout n’est peut être pas perdu ! Un informaticien de Meymac a envoyé le disque dur à une entreprise spécialisée dans la récupération de données.

Selon lui, il y a 92 % de chances que nos données soient récupérables ! Nous prions depuis lors pour que ce miracle (qui a certes un prix élevé) soit bel et bien possible et que nous ne fassions partie des malheureux 8% de casse irréparable.

Wait and see comme on dit chez nos amis britanniques ! Soyons philosophes et retenons de cette mésaventure que rien n’est immuable et qu’il importe de vivre pleinement l’instant présent, en pleine conscience, plutôt que derrière le prisme d’un appareil photo ou d’un téléphone. Ces derniers ne sont que des moyens de conserver ces souvenirs sur un support tangible. Travaillons désormais à développer notre mémoire et nos sens pour conserver dans nos têtes et dans nos cœurs aussi bien les moments formidables et intense que les plus simples et les plus quelconque en apparence. Apprendre à être dans l’instant présent tout simplement.

Au cours de notre séjour à Meymac, Papa a pu rencontrer Mélanie qui a créé PêlMêl, une petite épicerie en vrac qui vise le zéro déchet. Un article sera fait prochainement sur cette dernière.

Pierre nous avait recommandé une randonnée au mont Bessou, point culminant de la Corrèze qui n’était pas très loin de Meymac. Un peu trop préoccupés par la perte de notre disque dur et les démarches découlant de ce malheureux incident (dont une sauvegarde immédiate de ce qui n’a pas été encore perdu), nous n’aurons malheureusement pas le temps de nous y rendre.

On the road again…again !

Après ces deux jours dans cette joyeuse famille, nous prenons la route en direction de Chavannac, où nous attendent Jackie et Didier, des amis de nos précédents hôtes. Nous emprunterons une petite voie de randonnée qui passe derrière le monastère de Jassonneix : une nouvelle fois, la route est dure (grosses montées à plus de 20 % dans de vieux chemins de terre boueux laissés à la nature). Nous croiserons quelques moniales affairées au jardin sans dire mot.

La route derrière le monastère valait bien l’ascension du Mont Bessou !

Nous passerons aussi tout près des sources de la Vienne. Sur le plateau de Millevaches, de nombreux fleuves français prennent leur sources. Non loin de notre trajet, nous aurions pu aussi découvrir les sources de la Dordogne et de la Creuse.

Et qué s’appelerio Vinhana !

Nous voici arrivés à Chavannac après une courte étape mais toute en montée. Travaillant le bois à ses heure, Didier a un petit atelier au bout de la maison, dans laquelle ils tiennent aussi une chambre d’hôte. Un petit jardin potager bien garni nous gâte de ses légumes pour les repas à venir. Nous mettrons la main à la pâte pour le dîner, en équeutant deux pleins paniers d’haricots verts et en épluchant la rhubarbe. Tes petites mains agiles s’essayent à l’équeutage et à la manipulation des haricots. Quelle plaisir de toucher et sentir les légumes tout en aidant maman ! Cédille, la chienne du couple, est un peu âgée mais toute douce. Au cours de promenades matinales, Papa et toi avez découvert le village assoupi, son église et le patrimoine local.

Petite chapelle et croix
Eglise de Davignac

P’tits bouts en fête

Plus que quelques kilomètres avant d’arriver à Saint Setiers ! Et voilà que nous avons franchi notre premier col sans nous en rendre compte ! À la Croix de la Mission se trouve le chalet où nous passerons les prochains jours. Il accueille aussi une station de ski de fond en hiver. C’est dans ce cadre très agréable que se dérouleront pendant deux jours la fête des dix ans des P’tits Bouts.

Vue sur le chalet de Saint Setiers
Buvette et documentation sur l’association
Moment de détente en famille !

Au programme, des jeux pour les petits et grands (parcours pour vélos, tricycles et autres engin à roues ; jeux en bois ; etc.), échanges et conférence autour de la naissance respectée, spectacles, yoga parent-enfant, ateliers langues des signes ou massage, café « zouk » autour de la motricité des touts petits… Un programme bien rempli et très intéressant ! Nous avons participé à certains ateliers mais pas tous, impossible de se dédoubler ! Et pour les conférences, tu avais plutôt besoin de te dépenser que de rester figer à écouter ce que les grands racontaient, même si ça avait l’air passionnant. Alors tu t’es fait des copains, tout un tas de copains, le temps d’une journée ou deux ! Certains moins enthousiastes face à des élans de sympathie que d’autres, néanmoins vous vous serez beaucoup amusés !

Nous avons fait la connaissance de Sophie, Sabine, Laure et d’autres mamans et papas bénévoles qui ont participé à la préparation de cet événement et proposé certains ateliers. Autant que possible, nous avons essayé d’apporter notre contribution au bon déroulement de la fête. Ce fut très agréable de pouvoir échanger avec tous ces parents ! Beaucoup d’entre eux font également le choix d’une éducation bienveillante et positive, et la bibliothèque temporaire mise à disposition foisonnait d’ouvrages sur ce sujet ainsi que sur l’allaitement, le jeu, l’éveil et la scolarisation à la maison. Maman, pendant ses quelques minutes quotidiennes de répit, en a bien profité pour faire le plein de lectures, prendre des notes ou conserver les références de certains ouvrages qu’elle aimerait pouvoir lire plus tard.

Si le temps gris et la pluie laissaient à craindre pour cette joyeuse fête, finalement le public répondra bien présent au rendez-vous. Nous en sommes bien heureux pour la sacrée troupe de bénévoles qui n’a pas lésiné sur les moyens et le temps passé à préparer cette rencontre.

Dimanche après-midi, au cours d’un temps réservé à l’échange autour du voyage avec des enfants, nous présentons notre petite aventure aux parents présents. À défaut de vrai diaporama, ce sera simplement avec des mots et notre carte que nous raconterons le chemin et les rencontres faites jusque là et celles qu’il nous reste encore à faire, avec bonheur. Plus doués pour l’écriture que pour les exposés, nous espérons toutefois que notre gentil public aura apprécié notre présentation.

Nous garderons contact avec certains parents présents, notamment Laura et John, un couple britannique et leurs enfants. Venus passé l’été en Corrèze il y a quelques années, ils sont tombés amoureux de la région et ne sont jamais repartis. Laura anime le café zouk, un moment de convivialité entre parents et enfants où ces derniers peuvent danser, sauter, bouger, jouer, faire du bruit, s’exprimer en mouvement, avec joie et liberté. C’est elle aussi qui animait l’atelier yoga. Tu as beaucoup apprécié ces deux moments, en particulier le café zouk où tu as pu jouer à loisir !

Ces deux journées bien remplies seront bien vites passées. Des résidents du centre d’accueil de Peyrelevade ont également participé à la fête et à son organisation. Ce fut l’occasion pour nous d’échanger un peu sur leur pays et les conditions dans lesquelles vivent les gens là-bas. Après la fête, il a fallu tout démonter, ranger, nettoyer, pour rendre le chalet aussi rutilant qu’il l’était à l’origine. Nous donnons un coup de main à Pierre, Stéphanie, Aurélie et d’autres parents qui sont restés pour le grand ménage. Nous quittons le chalet de Saint Setiers le lundi matin et partons faire un nouveau détour qui te sera conté dans le prochain article : nous prenons la direction de la Creuse !

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